L’ex président du Burkina Faso en exil depuis 2014 en Côte d’Ivoire, Blaise Compaoré, a été condamné mercredi par contumace à la prison à perpétuité pour sa participation à l’assassinat de son prédécesseur Thomas Sankara. Le commandant de sa garde Hyacinthe Kafando et le général Gilbert Diendéré, un des chefs de l’armée lors du putsch de 1987, ont également écopé de la prison à vie.
#BurkinaFaso, L'ex-président Blaise Compaoré a été condamné à la prison à perpétuité ce mercredi 06 avril 2022, pour sa participation à l’assassinat de son prédécesseur Thomas Sankara, assasiné avec douze de ses compagnons lors d’un coup d’État en 1987. pic.twitter.com/loIUoXRXUR
— #AFRICA24 (@AFRICA24TV) April 6, 2022
Lors de son réquisitoire le parquet militaire avait demandé la peine de trente ans de prison ferme contre l’ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré, soupçonné d’être le principal commanditaire de l’assassinat de son prédécesseur Thomas Sankara, tué avec douze de ses compagnons lors d’un coup d’Etat en 1987. Le Parquet militaire a demandé au tribunal de reconnaître Blaise Compaoré, coupable «d’attentat à la sûreté de l’Etat», de «recel de cadavre» et de «complicité d’assassinat».
« J’accuse Blaise Compaoré, oui je l’accuse de l’un des crimes les plus graves d’atteinte à la sûreté de l’État », a martelé le parquet militaire avant d’ajouter : « Je l’accuse également de complicité d’assassinat ». Selon le parquet militaire, Blaise Compaoré est le donneur d’ordre. C’est lui qui avait intérêt à ce que le coup réussisse. Les stratégies d’attaque, les hommes et les moyens ont été fournis par Blaise Compaoré, dit-il.
Quant à Hyacinthe Kafondo, le commandant de la garde de M. Compaoré, contre qui le procureur requiert trente ans de prison également, il est désigné comme celui qui a assuré la coordination du commando. Le parquet demande également le maintien du mandat d’arrêt contre ces deux personnalités.
La justice militaire a également requis à l’encontre de Gilbert Diendéré, l’un des chefs de l’armée lors du putsch de 1987 accusé de complicité d’assassinat et de complicité de recel de cadavre et de subornation de témoins, vingt ans de prison.
Selon le parquet, il n’a pris aucune mesure contre les membres du commando alors qu’il avait en charge la sécurité du Conseil de l’entente. La justice lui reproche de ne pas avoir réagi quand le président Thomas Sankara et ses collaborateurs ont été attaqués. Enfin, contre le colonel major Jean-Pierre Palm, qui avait nié toute complicité lors du procès, le parquet requiert onze ans de prison, assortis de sursis.
Dans son réquisitoire, le procureur militaire estime qu’il n’y a aucune circonstance atténuante car les accusés n’avaient exprimé aucun remord, ni regret, au cours des débats. « Ce qui m’a frappé durant ce procès, c’est l’absence de toute considération de la douleur des familles des victimes », a regretté le procureur militaire.
Pour rappel Thomas Sankara a été assassinée en 1987 et un procès a été ouvert sur son meurtre l’année dernière après que les autorités françaises aient finalement accepté de publier des document militaires détaillant les circonstances de sa mort.

