Avec Adama Séne correspondant de Teranganews à Saint-Louis
De Bambey à Saint-Louis en passant par Dakar, l’espace universitaire est en colère et les enseignements risquent d’en pâtir si la situation ne revient pas à la normale. Les acteurs de l’éducation alertent par peur de voir la violence montée d’un cran.
C’est la situation qui prévaut à l’université d’Alioune Diop de Bambey qui a déclenché des manifestations de solidarité dans plusieurs universités comme celle de Dakar et Saint-Louis.
A l’université Alioune Diop de Bambey, les examens ont été suspendus par le rectorat et des affrontements ont opposé policiers et étudiants qui a occasionné plusieurs arrestations d’étudiants qui seront tous libérés.
Hier mardi en soutient à leurs camarades de l’université de Bambey ceux de Dakar ont affronté les policiers durant plusieurs heures avant que l’accalmie ne revienne. Chose qu’ils ont remis ce mercredi. Des affrontements sont notés entre forces de l’ordre et étudiants au sein du campus social Cheikh Anta Diop.
C’est la situation au sein de l’université d’Alioune Diop de Bambey qui a envenimé les autres campus sociaux notamment ceux des autres autres grandes universités à savoir l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et Gaston Berger de Saint-Louis, en soutien à leurs camarades de Bambey.
Parmi leurs revendications figurent entre autres : L’exigence de deux sessions, le rétablissement de la coordination es étudiants de l’Uadb, la lumière sur le décès de leur camarade Badara Ndiaye dont le certificat de genre de mort délivré par le médecin légiste de l’hôpital Aristide Le Dantec, en exécution d’une instruction judiciaire, renseigne que le patient est décédé des suites d’une maladie hépatique avec défaillance multicéréale».
Une thèse que les étudiants ont réfuté soutenant que leur défunt camarade est mort d' »présumé intoxication ».
A Saint-Louis, ils ont barré la route nationale numéro 2 en guise de solidarité à leurs camarades de Bambey
La devanture de l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis n’avait rien à envier à une carrière de pierres. Les étudiants ont paralysé hier pendant plusieurs heures la circulation à hauteur du portail du campus en incendiant des pneus sur la route nationale n°2. Ils protestent en soutien de leurs camarades de l’Université Alioune Diop de Bambey. Des étudiants ont été blessés lors des échauffourées et un agent des forces de sécurité en civil a été séquestré par les étudiants avant d’être libéré quelques heures plus tard dans la journée.
Etudiants et forces de l’ordre se sont violemment affrontés hier à l’Ugb. Pour rétablir l’ordre, les gendarmes déployés sur le terrain ont usé de la force et de jets de bombes lacrymogènes pour contenir la colère des manifestants. Les étudiants de l’Ugb ont envahi la RN2 pour apporter leur soutien à leurs collègues de l’Université de Bambey. Une opération qui n’a pas été de tout repos pour les gendarmes, qui ont rencontré une farouche opposition des manifestants. Des affrontements qui ont duré plusieurs heures entre les deux camps et qui se sont soldés malheureusement par des blessés dans les rangs des étudiants. Après installé des barricades avec des troncs d’arbres et de grosses pierres, les étudiants ont brûlé des pneus pour empêcher la circulation sur la route nationale 2. Pour le président de séance de la coordination des étudiants de Saint-Louis(Cesl), cette descente sur la route nationale n’est qu’un avertissement.
« Il faut que les autorités de l’Enseignement Supérieur satisfassent les doléances des étudiants de l’UADB. Qu’elles retirent les policiers des campus de Bambey, sans délai et rétablissent les amicales et la coordination des étudiants. Ce qui est entrain de se passer à Bambey est inqualifiable. Au lieu de privilégier le dialogue, le recteur a renforcé le dispositif policier dans le campus pour intimider les étudiants. Raison pour laquelle, nous sommes sortis pour soutenir nos camarades de Bambey et alerter avant qu’un autre étudiant ne tombe encore sous les balles des forces de l’ordre, comme ce fut le cas avec Fallou Séne à l’Ugb » a vociféré Djiby Diéne. Avant de se faire plus menaçant. A l’en croire, si des solutions ne sont pas apportées d’urgence dans les campus par les autorités, les étudiants redescendront encore sur le terrain.
Au cours des échauffourées entre les forces de l’ordre et les étudiants, ces derniers ont séquestré un agent des services de renseignements des forces de sécurité, pour imposer aux gendarmes d’arrêter de les charger et de dégager du grand portail. Mais après plusieurs heures de capture entre les mains des dirigeants de la Cesl, il a été relâché dans la journée. Il faut noter qu’un calme précaire règne à l’université Gaston Berger et la circulation sur la nationale 2 a repris, mais des gendarmes bien armés sont toujours postés à la porte principale et aux alentours de l’Ugb.

