L’Etat passe à la vitesse supérieure dans son bras de fer avec les écoles Yavuz Selim. Ce lundi 2 octobre, le personnel de ces écoles a été interdit d’accès par la police. Les forces de l’ordre ont pris position devant les écoles avec leur fourgon, ce qui a déclenché l’ire des avocats du groupe Yavuz Selim S.A. Selon un des robes noires, Me Moussa Sarr, « c’est une situation scandaleuse et inadmissible. »
« L’Etat a imposé un coup de force sur la base de décisions qui n’ont aucun fondement. La preuve c’est que le communiqué du ministre concerne Baskent Egitim or les écoles où sont postés les véhicules de police ne sont pas la propriété de Baskent Egitim mais celle de Yavuz Selim S.A. », explique Me Moussa Sarr. Selon lui, Yavuz Selim SA a racheté les écoles de Baskent Egitim le 8 novembre 2016 bien avant l’arrêté de dissolution du 7 décembre 2016.

Selon Me Sarr, « si l’Etat a posté des forces de l’ordre devant les écoles Yavuz Selim, c’est qu’il sent sa défaite juridique car la décision du juge doit être rendue la semaine prochaine ». Il a par ailleurs tenu à préciser que leur demande de changement de déclarant responsable n’a jamais été rejetée. C’est plutôt un complément d’information qui leur a été demandé par l’inspection d’académie, ce qui a été fait. Ce qui prouve selon l’avocat, que Yavuz Selim SA est parfaitement est en règle.
Pour continuer son combat, la société Yavuz Selim SA a saisi l’Ambassade de France qui aurait saisi l’Etat du Sénégal à son tour. « Cette société appartient à des investisseurs français qui ont mis quasiment 1 milliard de FCFA pour acheter ces écoles. L’Etat reculera parce qu’elle n’a pas le choix », révèle Me Sarr.
L’Etat du Sénégal a retiré la gestion des écoles Yavuz Selim au groupe Baskent Egitim pour la confier à la fondation Maarif, proche du Président Erdogan. Depuis le putsch manqué du 15 juillet 2016, l’Etat turc mène une campagne de purge sans précédent. Le Président Erdogan a accusé l’imam Fetullah Gulen d’être derrière ce coup d’Etat raté. C’est dans ce sens qu’il utilise des moyens de pression pour fermer le réseau d’écoles que ce dernier possède à travers le monde.

