De Youssouf DIMMA correspondant de Teranganews à Ziguinchor
Faisant face à la presse ce lundi 25 octobre 2021, la Plateforme des Femmes pour la Paix en Casamance (PDPC) a condamné l’accident de mine ayant eu lieu vendredi a Kandiadiou, localité située à 2 kilomètres au sud de la frontière gambienne, dans la commune de Oulampane, département de Bignona.
La Plateforme des Femmes » condamne de toutes ses forces et déplore avec énergie le meurtre qui a eu lieu le vendredi 22 octobre 2021 à Kandiadiou dans la commune de Oulampane. Elle s’incline pieusement devant les cinq défunts : Arona Dieme, Yaya Dieme, Ibrahima Dieme, Ismaila Coly, tous issus de la même famille ; que le Seigneur dans sa Miséricorde, les accueille dans son paradis céleste. » a déclaré Madame Ndèye Marie Diédhiou, Présidente de la PFPC.
Selon elle, » cet acte ignoble, posé en ce début d’année scolaire replonge les populations dans un traumatisme profond dont les séquelles seront sans doute irréversibles. Cet évènement malheureux, encore un de trop, nous interpelle une fois de plus sur l’imminence d’une résolution définitive du conflit en Casamance et la poursuite des opérations de déminage humanitaire. »
Pour cette organisation faîtière qui compte plusieurs dizaines de structures de femmes de la Casamance naturelle, » dans beaucoup de zone de la Casamance, les populations font face aux menaces des engins explosifs improvisés, des mines artisanales ou encore des restes explosifs issus du conflit armé opposant l’Etat du Sénégal au MFDC. Les dégâts humains et matériels causés par ces engins restent encore considérables dans la mesure où ils continuent de tuer, mutiler de manière indistincte les porteurs d’armes (militaires et combattants) et les populations civiles qui constituent les victimes majoritaires. »
Pour Ndèye Marie Diédhiou, »le constat de l’impérieuse nécessité de la dépollution des zones minées, nous a amené à célébrer la Journée Internationale de la Paix le 21 septembre passé avec un plaidoyer pour la poursuite du déminage en Casamance. Un mois après, nous constatons pour le déplorer que nous avions fait un bon choix, car le déminage est et reste plus que jamais une des priorités pour le retour de la paix en Casamance et la sécurité des populations. »
Si bien que, a-t-elle insisté, »dans un contexte d’accalmie où l’ensemble des acteurs œuvre pour le retour des populations déplacées et où la dépollution des terres affectées par les mines s’impose, il est vraiment triste et regrettable de voir que la pose d’engins explosifs est encore utilisée. La Plateforme des Femmes pour la Paix en Casamance [exige] de stopper le minage et donc interpelle les auteurs, car les principales victimes restent majoritairement les populations civiles. Nous exhortons l’ensemble des acteurs (État du Sénégal, MDFC, Partenaires financiers, Société civile) à œuvrer pour la poursuite du déminage des zones touchées, à renforcer l’assistance aux victimes. »
Pendant cette déclaration de presse de la PFPC, les sept blessés continuaient d’être pris en charge par l’Association sénégalaise des victimes de mines (ASVM). C’est notamment le cas de ceux d’entre eux qui sont internés au service d’accueil des urgences de l’hôpital régional de Ziguinchor et au centre de santé de Ziguinchor.

