Face aux mutations profondes de l’économie mondiale liée à la transition énergétique, le Sénégal a lancé une grande étude nationale sur les minéraux critiques, visant à documenter son potentiel géologique et à anticiper les défis futurs autour de ces ressources essentielles.
Organisée ce lundi à Dakar par la Coalition Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP) Sénégal, en partenariat avec l’African Climate Foundation (ACF), la cérémonie de lancement a marqué le début d’un processus d’envergure destiné à mieux connaître les ressources minérales du pays, mais aussi à poser les bases d’une gouvernance responsable et durable de leur exploitation.
Jusqu’à présent, le Sénégal est reconnu pour des ressources telles que les phosphates, l’or, le zircon et le titane. Mais derrière ces minerais traditionnels, le pays détient un potentiel encore peu exploré en minéraux critiques — comme le lithium, le cobalt, le nickel, le cuivre ou le manganèse — qui sont aujourd’hui indispensables à la fabrication de technologies vertes : batteries électriques, éoliennes ou panneaux solaires.
Pour les promoteurs de l’étude, ce projet s’inscrit dans une stratégie nationale ambitieuse : il ne s’agit pas seulement de recenser les gisements, mais de développer une compréhension fine des enjeux économiques, sociaux et environnementaux associés à leur exploitation. « Nous voulons que cette étude s’insère pleinement dans la stratégie nationale de transition énergétique en cours au Sénégal, en évitant qu’on laisse de côté la dimension des minéraux critiques », a expliqué Papa Fara Diallo, président de la Coalition PCQVP Sénégal, lors de son allocution d’ouverture.
Du côté de l’ACF, les intervenants ont insisté sur la place stratégique de l’Afrique dans la géopolitique mondiale des ressources. Selon ces experts, le continent détient des parts importantes des réserves mondiales de plusieurs minéraux clés, ce qui en fait un acteur incontournable de la transition énergétique globale. Toutefois, ils ont souligné que cela ne doit pas se traduire par une simple exploitation de matières premières brutes, mais par un effort soutenu pour développer des chaînes de valeur locales, créer des emplois et augmenter la valeur ajoutée sur le continent.
L’étude, qui devra aussi prendre en compte les impacts environnementaux et les préoccupations sociales, a reçu le soutien de responsables sénégalais, notamment de députés membres de la Commission de l’énergie et des ressources minérales. Selon eux, cette démarche s’inscrit dans un cadre de développement durable et constitue une étape importante pour faire du secteur minier une source de croissance profonde et équitable.
En lançant cette étude, le Sénégal espère ainsi mieux se préparer à la croissance future de la demande mondiale en minéraux critiques et à tirer pleinement parti des opportunités offertes par la transition énergétique, tout en maîtrisant les défis de gouvernance et de développement durable qui y sont liés.
Genèse MOUKAHA

