En 2024, l’économie sénégalaise affiche une croissance robuste, portée par un secteur extractif en plein essor. Pourtant, malgré des performances encourageantes, des fragilités structurelles continuent de peser sur le développement durable du pays.
Selon les premières estimations économiques, le produit intérieur brut (PIB) du Sénégal a connu une accélération significative en 2024. Cette progression s’explique en grande partie par l’expansion des activités liées à l’exploitation des ressources naturelles, notamment celles du pétrole, du gaz et des mines.
Le secteur extractif est ainsi devenu un moteur essentiel de la croissance. Les recettes générées par l’exploitation de ces ressources ont atteint près de 456 milliards de francs CFA au cours de l’année, contre environ 380 milliards en 2023, selon des données provisoires publiées par les autorités économiques. Cette hausse reflète la mise en production de nouveaux gisements pétroliers et gaziers, qui ont considérablement renforcé les revenus du pays.
Un autre signe positif est l’intégration croissante des fournisseurs locaux dans la chaîne de valeur extractive. Pour la première fois, les transactions réalisées par des entreprises sénégalaises ont dépassé celles des sociétés étrangères, marquant une étape importante dans la création de richesses au niveau national.
Pour les acteurs économiques, cette dynamique est une source d’optimisme. « Le secteur extractif offre aujourd’hui au Sénégal une fenêtre d’opportunités pour dynamiser son économie et créer des emplois », souligne un analyste financier basé à Dakar.
Cependant, cette croissance est loin d’être sans risques. La forte dépendance aux matières premières expose l’économie à des chocs externes, notamment aux fluctuations des cours mondiaux. Les experts appellent à une diversification des sources de croissance pour renforcer la résilience économique du pays.
Par ailleurs, la question de l’impact environnemental de l’exploitation des ressources naturelles est plus que jamais d’actualité. L’absence de mécanismes robustes pour la réhabilitation des sites et la protection des communautés locales suscite des inquiétudes parmi les observateurs. Ils estiment qu’une meilleure gouvernance du secteur est indispensable pour garantir un développement plus équitable et durable.
Alors que le Sénégal continue d’exploiter pleinement son potentiel extractif, les défis restent nombreux. Pour que cette croissance profite à l’ensemble de la population, un engagement fort des pouvoirs publics et des partenaires économiques est jugé crucial.
Genèse MOUKAHA

