Longtemps cantonnée à une activité artisanale, la filière de l’huître au Sénégal s’affirme aujourd’hui comme un levier stratégique de l’économie bleue, générateur de revenus, d’emplois et d’innovation locale.
La Journée nationale de l’huître, organisée à la Place du Souvenir Africain, a mis en lumière le potentiel économique et social de cette ressource halieutique, particulièrement portée par les femmes issues des zones côtières et estuariennes, du Saloum à la Casamance, en passant par la Petite Côte.
Sur les différents stands, les visiteur·e·s ont pu découvrir une large gamme de produits transformés : huîtres séchées, conservées dans l’huile, poudre d’huîtres destinée à l’alimentation humaine et animale, crevettes fumées ou encore épices issues des produits de la mer. Les coquilles broyées, quant à elles, trouvent de nouveaux usages dans l’agriculture et l’élevage, témoignant d’une valorisation intégrale de la ressource.
Présente à la cérémonie, la ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Dr Fatou Diouf, a souligné que la filière ostréicole représente bien plus qu’une activité de subsistance. Selon elle, l’huître constitue un outil d’autonomisation économique, notamment pour les femmes, tout en contribuant à la sécurité alimentaire et à la préservation des écosystèmes.
Les organisations féminines actives dans la transformation et la commercialisation ont réaffirmé leur volonté de structurer davantage la chaîne de valeur, à travers la formation, l’amélioration de la qualité des produits et l’accès aux marchés.
La FAO, en collaboration avec le Réseau national des acteurs de la chaîne de valeur des huîtres (RENACVAH), accompagne cette dynamique. Dans ce cadre, 28 projets ont bénéficié de financements d’un montant global de 300 000 dollars, destinés à la modernisation des infrastructures de production et de transformation dans plusieurs localités du pays, dont Dakar, Soucouta et Némaba.
L’événement a également été marqué par la participation de jeunes entrepreneurs, qui ont présenté des techniques modernes d’ostréiculture, telles que l’utilisation de cages métalliques et de collecteurs conçus à partir de matériaux recyclés, adaptées aux réalités environnementales locales.
À travers ces initiatives, l’huître sénégalaise s’impose progressivement comme une ressource stratégique, au cœur d’un modèle de développement durable conciliant croissance économique, inclusion sociale et protection de l’environnement.
Genèse MOUKAHA

