À Dakar, la décision du gouvernement sénégalais d’instaurer une taxe sur les transactions via mobile money suscite de vives réactions. Utilisé par plus de 95 % des adultes et représentant un volume de plus de 48 000 milliards de francs CFA en 2024, ce service est devenu incontournable dans la vie quotidienne.
L’État prévoit de mobiliser environ 220 milliards de francs CFA entre 2025 et 2028 grâce à cette mesure, inscrite dans le plan de redressement économique. Mais sur le terrain, de nombreux citoyens redoutent un impact direct sur leur pouvoir d’achat.
« Même les petits transferts quotidiens vont devenir lourds à supporter », s’inquiète Fatou Niang Mbaye, ménagère dakaroise. Du côté des commerçants, les craintes sont similaires. « Si la taxe est appliquée, nous serons obligés d’augmenter nos prix, et ce sont les clients qui paieront », estime Ibrahima Diène, quincaillier.
Les acteurs du secteur tirent également la sonnette d’alarme. L’Association sénégalaise des établissements de paiement et des émetteurs de monnaie électronique redoute une chute des transactions de 30 à 50 %, comme observé dans d’autres pays ayant appliqué une taxe similaire.
Le Journal le 360 Afrique souligne que certains petits commerçants, à l’image de Maniang Diop, vendeur de chaussures, comprennent l’intention du gouvernement de renforcer ses recettes. Mais ils avertissent que la mesure pourrait fragiliser les consommateurs les plus modestes, pour qui chaque franc compte.
Entre nécessité budgétaire et crainte d’un recul de l’inclusion financière, la taxe sur le mobile money s’annonce comme l’un des dossiers économiques les plus sensibles des prochains mois au Sénégal.
Genèse MOUKAHA

