Sidi Ould Tah a officiellement pris ses fonctions à la tête de la Banque africaine de développement (BAD) en début de semaine à Abidjan. Ancien ministre de l’Économie et ex-directeur général de la BADEA, l’économiste mauritanien de 60 ans devient ainsi le premier de son pays à diriger la prestigieuse institution financière africaine.
Élu en mai dernier avec près de 76 % des voix, il succède au Nigérian Akinwumi Adesina pour un mandat marqué par de nombreux défis. La BAD, forte de ses 81 membres et d’un capital estimé à 318 milliards de dollars, doit faire face au retrait des financements américains du Fonds africain de développement. Le nouveau président devra donc travailler à la recapitalisation de l’institution et à la diversification de ses sources de financement.
Les attentes sont immenses en Mauritanie. Pour l’économiste Karim Gaye, la nomination de Sidi Ould Tah représente une victoire nationale et une opportunité historique. Mais il insiste sur l’importance d’un accompagnement efficace et d’une gestion rigoureuse des projets, afin que les financements de la BAD produisent un véritable impact et ne se transforment pas en « fonds perdus ».
Parmi les priorités du nouveau président figurent également le soutien accru au secteur privé, la lutte contre le changement climatique, ainsi que le renforcement de l’intégration régionale, considérée comme un levier de stabilité et de croissance durable pour le continent.
Selon les informations du journal le 360 Afrique, Sidi Ould Tah arrive à un moment critique, où l’Afrique aspire à une transformation profonde de son modèle économique. Sa capacité à impulser une vision ambitieuse, centrée sur l’emploi des jeunes et l’industrialisation, sera déterminante pour l’avenir du continent et pour l’héritage qu’il laissera à la tête de la BAD.
Genèse MOUKAHA

