Juba, 17 septembre 2025 – La Commission des droits de l’homme des Nations Unies a publié un rapport accablant sur la gestion des ressources du Soudan du Sud. Selon l’enquête, les élites politiques orchestrent un vaste système de détournements qui met en péril l’avenir du pays.
Depuis son indépendance en 2011, le Soudan du Sud a engrangé plus de 25 milliards de dollars de recettes pétrolières. Des fonds qui auraient dû financer des infrastructures, des écoles et des hôpitaux, mais qui, d’après l’ONU, se sont évaporés dans les circuits de la corruption. L’organisation cite notamment le programme « Pétrole contre des routes », par lequel plus de 2,2 milliards de dollars auraient échappé au budget national.
Les déséquilibres budgétaires sont flagrants : entre 2020 et 2024, le ministère des Affaires présidentielles a dépensé six fois plus que son allocation initiale, tandis que la Santé n’a perçu que 19 % des crédits prévus. De nombreux ministères essentiels, comme ceux de l’Agriculture ou de la Protection sociale, se retrouvent privés de moyens.
Pour l’ONU, cette mauvaise gouvernance alimente directement la crise humanitaire. Près de 70 % des Sud-Soudanais dépendent aujourd’hui de l’aide internationale pour se nourrir et accéder aux soins. Les enquêteurs estiment que les autorités ont manqué à leurs obligations internationales en négligeant les droits fondamentaux de la population.
Africa News souligne que face à ce constat, l’ONU appelle le gouvernement à mettre fin à l’impunité des responsables, à instaurer une transparence budgétaire et à réorienter les ressources publiques vers les besoins de base des citoyens.
Genèse MOUKAHA

