Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a profité de l’ouverture du 19ᵉ Forum africain des systèmes alimentaires, ce lundi 1ᵉʳ septembre 2025, pour lancer un appel fort en faveur d’investissements conséquents dans l’agriculture. Selon lui, seule une mobilisation financière de grande ampleur permettra au continent de transformer son potentiel agricole en moteur de souveraineté alimentaire et de développement économique.
S’adressant à ses pairs et aux investisseurs, le chef de l’État a exhorté les pays africains à respecter l’engagement de consacrer au moins 10 % de leur budget national au secteur agricole. Il a rappelé que plus de 700 millions de personnes ont souffert de la faim en 2024, et que ce chiffre pourrait dépasser un milliard d’ici 2030 si des mesures urgentes ne sont pas prises.
Pour Bassirou Diomaye Faye, l’agriculture doit être perçue comme un levier stratégique. Il a insisté sur la nécessité de moderniser les techniques de production, d’améliorer les semences, de renforcer la maîtrise de l’eau, de développer la transformation locale et de favoriser l’usage du numérique.
Le Sénégal, a-t-il souligné, illustre déjà cette ambition en respectant l’engagement de Maputo et en multipliant les réformes : mécanisation des exploitations, création de coopératives, construction d’infrastructures de stockage et mise en place de politiques structurantes comme la loi Sylvo-Pastorale.
Le président a également mis en avant le rôle central de la jeunesse africaine, qui représente 60 % de la population et dont la part continuera de croître dans les années à venir. Pour lui, il est essentiel de rendre l’agriculture attractive pour cette nouvelle génération en investissant dans la formation, l’innovation et l’entrepreneuriat.
Avec ses vastes terres arables, ses ressources en eau abondantes et sa population dynamique, l’Afrique possède tous les atouts pour devenir un géant agricole mondial. Bassirou Diomaye Faye a insisté sur la nécessité de valoriser ce capital naturel et humain à travers des politiques coordonnées et une intégration économique renforcée.
Enfin, il a souligné le rôle stratégique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), qui ouvre un marché de plus d’un milliard de consommateurs et offre de réelles perspectives pour développer des chaînes de valeur compétitives.
Genèse MOUKAHA

