Le verdict est tombé samedi 9 août à N’Djamena. L’ancien Premier ministre tchadien et chef du parti d’opposition Les Transformateurs, Succès Masra, a été reconnu coupable de « diffusion de messages à caractère haineux et xénophobe » ainsi que de « complicité de meurtre » dans l’affaire du massacre de Mandakao, survenu en mai dernier et ayant coûté la vie à 42 personnes.
Le tribunal de grande instance de la capitale lui a infligé une peine de vingt ans de réclusion criminelle, assortie d’une amende d’un milliard de francs CFA, soit environ 1,5 million d’euros. Le parquet avait requis vingt-cinq ans d’emprisonnement contre l’opposant et ses coaccusés.
Selon le journal d’Afrique News au cœur du dossier, un enregistrement audio datant de 2023, dans lequel Masra aurait appelé ses partisans à « apprendre à utiliser une arme à feu » et à devenir « des boucliers protecteurs ». Des propos que l’intéressé conteste fermement.
Vêtu d’une tenue blanche traditionnelle lors de l’audience, l’ancien chef du gouvernement a réaffirmé sa confiance en la justice tout en rejetant l’ensemble des accusations. Son avocat, Francis Kadjilembaye, a dénoncé une décision « humiliante », rendue sur la base d’un « dossier vide » dépourvu de preuves matérielles.
Ce jugement marque un nouveau tournant dans le climat politique tendu que traverse le Tchad, à quelques mois d’échéances électorales décisives.
Genèse MOUKAHA

