Un climat de tension s’installe sur les côtes gambiennes, où les pêcheurs artisanaux dénoncent depuis plusieurs mois la présence jugée illégale de chalutiers étrangers, principalement chinois et égyptiens. Ces navires sont accusés de pénétrer dans la zone réservée à la pêche artisanale, détruisant les filets et réduisant les ressources halieutiques dont dépendent des milliers de familles.
Cette situation a dégénéré en affrontements violents. Un incident marquant a été l’attaque d’un navire étranger, au cours de laquelle un marin gambien a été grièvement brûlé. Les nouvelles règles imposant aux chalutiers étrangers d’embarquer un quota de marins locaux, censées créer des emplois, n’ont fait qu’alimenter les tensions entre communautés de pêcheurs.
Pour les artisans, le constat est amer : les poissons deviennent de plus en plus rares, les prix s’envolent, et les autorités peinent à faire appliquer la loi faute de moyens pour surveiller les eaux territoriales. Certains affirment avoir perdu la quasi-totalité de leurs filets, ce qui rend la poursuite de leur activité de plus en plus incertaine.
Selon les informations du journal Africanews, au-delà de l’aspect économique, ce conflit fragilise la sécurité alimentaire du pays. Le poisson, jadis au centre de l’alimentation, est progressivement remplacé par du poulet importé, signe de la dépendance croissante aux marchés extérieurs.
Désabusés, certains pêcheurs vont jusqu’à envisager de vendre leurs pirogues à des passeurs de migrants pour financer une traversée clandestine vers l’Europe. Une perspective qui illustre l’ampleur du désespoir qui gagne les communautés côtières gambiennes face à une mer qui ne nourrit plus ses enfants.
Genèse MOUKAHA

