Une série d’attaques meurtrières menées par les Forces de soutien rapide (FSR) dans le Kordofan-Nord a provoqué la mort d’environ 300 civils en quelques jours. L’alerte a été donnée par le collectif “Emergency Lawyers”, alors que les appels à l’intervention internationale se multiplient.
Les violences se sont intensifiées dans le Kordofan-Nord, région située au centre du Soudan, où des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) sont accusés d’avoir perpétré des massacres de civils. Selon le collectif d’avocats “Emergency Lawyers”, près de 300 personnes ont été tuées entre samedi et dimanche dans plusieurs localités, notamment à Shag Alnom et Hilat Hamid.
Le premier drame s’est produit dans le village de Shag Alnom, où plus de 200 personnes ont trouvé la mort. Les témoins décrivent des scènes d’une extrême brutalité : des maisons incendiées, des civils abattus dans leurs foyers et des familles décimées. Le lendemain, un second raid dans le village voisin de Hilat Hamid a causé la mort d’au moins 46 personnes supplémentaires, dont des femmes enceintes et des enfants.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a indiqué que ces attaques ont provoqué le déplacement de plus de 3 000 personnes, désormais réfugiées autour de la ville de Bara. Le bilan humain pourrait encore s’alourdir, plusieurs personnes étant toujours portées disparues.
Le collectif “Emergency Lawyers” insiste sur le fait qu’aucune position militaire ne se trouvait dans les zones ciblées, accusant les FSR de crimes de guerre et de violations flagrantes du droit international humanitaire. Ces exactions s’inscrivent dans le cadre de la guerre civile qui déchire le Soudan depuis avril 2023, opposant l’armée régulière aux FSR pour le contrôle du pays.
D’après les informations du journal Africa News, ce conflit a déjà fait au moins 40 000 morts et provoqué le déplacement de 13 millions de personnes. La situation humanitaire est qualifiée de “catastrophique” par les agences internationales, avec des foyers de famine et la résurgence de maladies comme le choléra.
Face à cette nouvelle escalade de la violence, plusieurs organisations internationales et les États-Unis ont dénoncé les agissements des FSR, les accusant de commettre des crimes de guerre, voire des actes de génocide. La Cour pénale internationale a récemment annoncé l’ouverture d’une enquête sur les crimes commis notamment dans la région du Darfour.
Malgré les promesses des FSR de sanctionner les auteurs de ces actes, l’impunité demeure un enjeu central du conflit. En attendant, la population civile continue de payer le plus lourd tribut d’une guerre sans fin.
Genèse MOUKAHA

