Au Nigeria, plus de 33 millions de personnes sont actuellement confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. Ce chiffre effrayant, révélé par les dernières analyses du Cadre Harmonisé, place le pays au sommet des nations les plus touchées par la faim dans le monde.
Selon les projections pour la période de soudure de juin à août 2025, les régions du nord et du centre du pays seront les plus durement affectées. En cause : une combinaison explosive de crises sécuritaire, économique et climatique.
Une situation économique précaire
L’inflation alimentaire bat des records. En juin dernier, les prix des denrées ont connu une flambée de près de 40 %. Cette hausse vertigineuse est en grande partie liée à la suppression des subventions sur le carburant, à la dévaluation du naira et à la baisse du pouvoir d’achat des populations. Pour de nombreux Nigérians, se nourrir devient un luxe.
L’insécurité, un frein à la production agricole
Sur le terrain, les violences armées menées par des groupes terroristes comme Boko Haram, les affrontements entre éleveurs et agriculteurs, ainsi que les kidnappings à répétition entravent sévèrement l’activité agricole. Des milliers de paysans ont fui leurs terres, abandonnant récoltes et bétail.
Le climat comme facteur aggravant
D’après les détails du journal Africa News, le pays doit également faire face à des phénomènes météorologiques extrêmes. Les inondations meurtrières de 2022, suivies de fortes pluies ce printemps, ont détruit des milliers d’hectares cultivables. À cela s’ajoutent des épisodes de sécheresse qui compromettent davantage la sécurité alimentaire du pays.
Les enfants en première ligne
Parmi les plus touchés, on compte environ 5,4 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë. Plus de 1,8 million sont en situation de malnutrition sévère, nécessitant une prise en charge d’urgence. Les femmes enceintes et allaitantes, estimées à 800 000, figurent également parmi les populations à haut risque.
Les aides humanitaires en difficulté
Le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur une situation critique. Faute de financements, l’organisation a dû interrompre ses distributions alimentaires dans plusieurs zones, laissant 1,3 million de personnes sans assistance. Près de 150 centres de nutrition risquent de fermer, menaçant la survie de centaines de milliers d’enfants.
Un appel à l’action internationale
Face à cette crise humanitaire majeure, les agences des Nations Unies lancent un cri d’alarme. Elles appellent les bailleurs de fonds à soutenir d’urgence les efforts sur le terrain : distribution d’aliments, soutien aux agriculteurs, approvisionnement en eau potable, équipements médicaux et services de santé.
Sans une mobilisation rapide, la crise alimentaire pourrait plonger des millions de Nigérians dans une détresse irréversible.
Genèse MOUKAHA

