Décédé le 13 juillet à Londres à l’âge de 82 ans, l’ancien président nigérian Muhammadu Buhari a été enterré ce mardi 15 juillet dans sa ville natale de Daura, dans le nord du pays. Les obsèques, organisées selon le rite musulman, se sont déroulées sous un dispositif de sécurité exceptionnel.
Le Nigeria a rendu un dernier hommage à l’un de ses hommes d’État les plus emblématiques. Muhammadu Buhari, ancien président de la République et figure marquante de la vie politique nigériane, a été inhumé ce mardi dans sa ville d’origine, Daura, dans l’État de Katsina.
Le corps de l’ancien dirigeant a été rapatrié depuis Londres, où il est décédé le samedi 13 juillet, entouré de membres de sa famille. À son arrivée sur le sol nigérian, il a été accueilli par une délégation officielle conduite par le président Bola Tinubu et le vice-président Kashim Shettima.
Une cérémonie sobre, sous tension
Dès les premières heures de la journée, la ville de Daura a été placée sous haute surveillance. Plusieurs barrages de sécurité ont été érigés autour de la résidence familiale, du palais de l’émir et le long de l’axe menant à l’aéroport. La présence des forces de sécurité – police, armée et services de renseignement – témoignait de l’ampleur de l’événement.
L’inhumation a eu lieu dans l’intimité, en présence de hauts responsables de l’État, de dignitaires religieux et de proches du défunt. Le gouvernement fédéral avait au préalable mis en place un comité interministériel chargé d’organiser les funérailles, présidé par le secrétaire du gouvernement, George Akume.
Une semaine de deuil national
En hommage à l’ancien président, les autorités nigérianes ont décrété sept jours de deuil national, du 13 au 20 juillet. Les drapeaux ont été mis en berne sur l’ensemble du territoire et la journée du mardi 15 juillet a été déclarée fériée. Des registres de condoléances ont été ouverts dans tous les ministères, agences publiques et ambassades du Nigeria à l’étranger.
Une figure controversée de la politique nigériane
Né en 1942, Muhammadu Buhari a dirigé le Nigeria à deux reprises : d’abord en tant que chef militaire entre 1983 et 1985, puis comme président élu de 2015 à 2023. Réputé pour sa rigueur et son combat contre la corruption, il laisse une image contrastée, saluée par certains pour son intégrité, critiquée par d’autres pour sa gouvernance autoritaire et son éloignement prolongé du pays en raison de fréquents séjours médicaux à l’étranger.
Selon des informations du journal, Le 360 Afrique, le Nigeria a salué le départ d’un homme d’État au parcours atypique, entre uniforme militaire et costume civil. Son inhumation marque la fin d’un chapitre important de l’histoire politique nigériane, dans un contexte où le pays continue de faire face à de nombreux défis sécuritaires et socio-économiques.
Genèse MOUKAHA

