Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a exprimé la volonté de son pays de renouer le dialogue entre les autorités maliennes et les groupes armés du nord du Mali. Lors d’une conférence de presse tenue vendredi, le chef de l’État a déclaré que l’Algérie était prête à jouer un rôle de médiateur, comme par le passé, à condition que la demande vienne de Bamako.
Cette annonce intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les autorités de transition maliennes et les groupes signataires de l’accord de paix d’Alger de 2015. Cet accord, négocié à l’époque sous l’égide d’Alger, visait à ramener la stabilité dans les régions du nord après des années de conflit. Toutefois, en janvier 2024, la junte au pouvoir au Mali a annoncé la fin de sa participation à cet accord, le jugeant désormais inadapté aux réalités du pays.
Selon les détails du journal Africanews, Abdelmadjid Tebboune a également saisi l’occasion pour démentir la présence de mercenaires étrangers à la frontière algéro-malienne. Il répondait ainsi à certaines préoccupations liées à la présence de groupes armés non étatiques dans la région, sans nommer directement les forces paramilitaires étrangères, souvent évoquées dans ce contexte.
Pour rappel, l’Algérie et le Mali partagent une frontière de plus de 1 300 kilomètres, et Alger a longtemps été un acteur diplomatique central dans les efforts de stabilisation du Sahel. Cependant, les relations entre les deux pays ont connu un refroidissement ces derniers mois, notamment en raison de divergences sur la conduite du processus de paix.
En posant cette offre de médiation, l’Algérie tente de réaffirmer son rôle historique de facilitateur dans la région, tout en appelant les parties maliennes à privilégier la voie du dialogue.
Genèse MOUKAHA

