Dans un rapport publié ce vendredi, les Nations unies s’inquiètent de l’expansion alarmante des violences liées aux gangs armés dans plusieurs régions d’Haïti, bien au-delà de la capitale. Le bilan humain est lourd et les moyens pour y faire face demeurent insuffisants.
Les violences orchestrées par des gangs ne se limitent plus à la capitale haïtienne. C’est l’alerte lancée ce 12 juillet par le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH). Selon leur rapport conjoint, publié ce vendredi, ces groupes armés étendent désormais leur influence dans des zones rurales, notamment dans le département de l’Artibonite, où l’absence de l’État favorise l’escalade de la terreur.
Entre octobre 2024 et juin 2025, les affrontements entre gangs rivaux et les attaques contre les civils ont causé la mort de plus de mille personnes. Par ailleurs, des centaines de milliers d’habitants ont été contraints de fuir leurs foyers. Le massacre de Pont Sondé, survenu en octobre dernier, illustre l’intensité de la violence. Ce drame, qui a opposé des groupes criminels à des communautés d’autodéfense, marque un tournant inquiétant dans la dégradation sécuritaire du pays.
Selon Africanews, Ravina Shamdasani, porte-parole du HCDH, a souligné que ces violations graves des droits humains nécessitent une réponse urgente de la communauté internationale. Si certaines initiatives ont été mises en place, telles que la mobilisation d’unités policières spécialisées et le déploiement d’une mission multinationale de soutien à la sécurité, les moyens engagés restent très en deçà des besoins sur le terrain.
Les Nations unies appellent ainsi à un renforcement des ressources de sécurité, tout en insistant sur l’importance de faire appliquer rigoureusement l’embargo sur les armes déjà en vigueur, afin d’empêcher que ces violences ne gagnent encore davantage de terrain dans un pays plongé dans une crise humanitaire et institutionnelle majeure.
Genèse MOUKAHA

