À moins de trois mois de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025, Elections Cameroon a enregistré un total impressionnant de 82 dossiers de candidature. Un chiffre qui suscite à la fois étonnement et scepticisme au sein de l’opinion publique.
Dans les rues de Yaoundé, le sujet alimente les conversations. Pour Jules Ebodé, un commerçant de la ville, cette ruée vers le Palais de l’Unité est révélatrice d’un profond malaise :
« Aujourd’hui, tout le monde pense pouvoir diriger le Cameroun. C’est le résultat de plusieurs années de mauvaise gouvernance. La fonction présidentielle semble désormais accessible à tous, même à ceux sans programme solide. »
Selon le journal, le 360 Afrique, du côté de la jeunesse, certains y voient une manœuvre politique bien orchestrée. Landry Emmanuel Tatang, étudiant à l’Université de Yaoundé II, estime que cette multiplication des candidatures sert indirectement les intérêts du pouvoir en place :
« En fragmentant le camp de l’opposition, le RDPC crée une illusion de pluralisme tout en sécurisant sa position. À la veille du scrutin, beaucoup de ces candidats se rallieront probablement au président sortant. »
Mais toutes les candidatures ne seront pas validées. Elections Cameroon procèdera dans les jours à venir à un examen rigoureux des dossiers, avant de transmettre ceux jugés conformes au Conseil constitutionnel. Ce dernier publiera ensuite la liste définitive des candidats retenus, sur la base de critères stricts : complétude des dossiers, respect des délais, et unicité des candidatures par parti.
Cette prolifération de candidatures soulève une question de fond : le pluralisme démocratique camerounais est-il en pleine effervescence, ou simplement instrumentalisé pour maintenir le statu quo ?
Genèse MOUKAHA

