De Youssouf DIMMA, Correspondant de Teranganews dans la région de Ziguinchor
L’Association nationale des familles des victimes et rescapés du naufrage du bateau le Joola demande au Président de la République, pour la gestion administrative du mémorial-musée ‘’Le Joola’’ construit à Ziguinchor, de porter son choix sur ses membres. Cette demande est faite ce dimanche 18 février 2024 par sa présidente Angèle Boissy, élue le même jour à la tête de ladite association.
En effet, accordant sa toute première interview aux journalistes, Angèle Boissy n’a pas attendu midi quatorze heures pour demander au Chef de l’Etat Macky Sall de « porter son choix sur les familles des victimes et rescapés avec les orphelins du Joola pour gérer le mémorial – musée le Joola’’.
A l’en croire, « tout d’abord je remercie le chef de l’Etat parce qu’il a beaucoup fait pour les familles des victimes et rescapés du Joola et je lui lance un appel solennel pour qu’il puisse donner aux familles des victimes ce qui leur appartient. Nous avons tendance à tout politiser mais ce sera sauf le dossier du bateau le Joola. Nous demandons que l’on ne politise pas, de grâce, notre bateau le Joola. Notre musée doit être dirigé par les familles des victimes. Nous nous connaissons tous ! »
Angèle Boissy, qui venait d’être portée à la tête du bureau nationale de l’association nationale des familles des victimes et rescapés du naufrage du bateau le Joola (ANFVR/Joola), en tant que première dame à occuper ce porte, a ajouté ceci : « nous connaissons ceux qui font partie des familles des victimes et rescapés du Joola et ceux qui n’en font pas partie. Le directoire (sic) ne saurait être donné à toutes autres personnes différentes des membres des familles des victimes ».
Interrogée sur les compétences requises pour une meilleure administration du mémorial-musée, Mme Boissy a déclaré : « il y en a plus, je vais le dire ! Les compétences y sont ! Même si nous, leurs mamans et papas, n’avons pas de diplômes, nos enfants ont étudié : il y a parmi eux des titulaires de Maîtrises, de Baccalauréats, de Doctorats, et nous ne laisserons personne, je répète personne, personne occuper le directoire du musée le Joola des familles des victimes ».
Pour sa part, Elie Jean Bernard Diatta, l’ex-chargé des affaires juridiques de l’ANFVR/Joola, interrogé au sortir de la même assemblée générale, a déclaré sur le même sujet : « le musée peut régler la question de l’insertion socio-professionnelle des orphelins, ce qui est extrêmement important ; parce que ce sont nos enfants et les familles des victimes qui doivent travailler dans ce musée ».
Pour lui, « je le dis parce que d’abord ce n’est pas en termes de compétences, nous avons des compétences de la licence au doctorat au sein des familles, ensuite quand quelqu’un pose des questions aux employés du musée à propos de celles ou ceux qu’ils auraient perdus dans le naufrage, qu’ils puissent répondre en ces termes : j’ai perdu mon père, ma mère, mon frère, etc. et qu’ils puissent traduire le sentiment qu’ils ressentent par rapport à la gestion du dossier (du Joola, Ndlr) ».
Le naufrage du navire MS/Le Joola eut lieu dans la nuit du 26 au 27 septembre 2002 dans les eaux internationales à 40 kilomètres des côtes gambiennes faisant officiellement près de 1900 morts dont officieusement 974 dans la seule commune de Ziguinchor, 1400 dans la région éponyme. Plus de dix nationalités ont été concernées par cette catastrophe maritime.

