De Youssouf DIMMA, Correspondant de Teranganews dans la région de Ziguinchor
Désormais, cette menace est devenue la préoccupation des habitants de Kafoutine, localité de pêcheurs.
Une catastrophe naturelle est actuellement en cours sous les yeux impuissants des populations de Kafountine, localité balnéaire et hôtelière située à 125 kilomètres au nord – ouest de Ziguinchor, dans le département de Bignona.
Une catastrophe naturelle due à l’érosion côtière à Kafountine ! C’est le moins que l’on puisse dire pour rendre compte des dégâts, chaque jour plus importants voire impressionnants, et qui ont subitement exacerbé depuis une dizaine de jours maintenant, dont il est aisé de se rendre à l’évidence, au niveau des côtes de Kafountine de l’Océan atlantique d’où partent, pourtant annuellement, au moins 60 000 tonnes de produits halieutiques.

En effet, l’on n’a point besoin de guide, ni de comprendre le Karone et/ou le Mandinka, langues les plus usitées dans cette localité qui abrite plus d’une vingtaine de nationalités, pour se rendre compte de la menace protéiforme et gravissime qui hantant le sommeil des populations de Kafountine ; laquelle (menace) est d’autant plus sérieuse, et les risques qui en découleraient imminents, que les habitants directement ou indirectement concernés sont impuissants puisque désarmés et visiblement seuls, sans secours organisé par quelque autorité compétente que ce soit, si ce n’est leur maire et ses conseillers accompagnés du chef de village.

La menace ? C’est qu’un jour, probablement trop proche, la mer déloge carrément l’ensemble des populations de Kafountine de chez elles ! Mais d’ores et déjà, dans les faits que l’on ne saurait suffisamment racontés, les vagues de l’Océan atlantique ont fini, inexorablement, de déguerpir parfois précipitamment une partie non négligeable des acteurs du tourisme mais surtout de la pêche, toutes disciplines confondues. Il s’agit des femmes qui sèchent du poisson, celles qui en font le fumage, les mareyeurs établis le long de la côte maritime, des propriétaires et employés d’usines de produits halieutiques, les pêcheurs qui campent le long de la plage, les spécialistes de la réparation des pirogues et filets, l’une des plus importants points vente d’essence hors-bord, les petits commerçants dont la dépense quotidienne se gagne au gré des activités marchandes au bord de l’océan.

Le secteur touristique n’a pas été épargné par les dégâts innombrables causés par l’érosion côtière. En effet, non seulement les plages sont « effacés » sur des centaines de mètres, mais aussi des campements et hôtels entiers ont été abandonnés par leurs propriétaires et donc désertés par les touristes nationaux et étrangers et donc par des vacanciers tombés, jadis, sous le charme de cette station balnéaire. Conséquence ? L’activité touristique est réduite à néant et jetée dans une arriération qui remonte aux années 70, lorsque Kafountine n’avait pas encore été découverte comme pouvant abriter faire l’objet d’une quelconque exploitation dans ce sens.
Pis encore, les vagues ont dénudé des centaines de mètres de câbles électriques qui alimentent des hôtels, des campements et des résidences d’une part, d’autre part des centaines de mètres des tuyaux PVC conduisant l’eau potable sur les îles Karone et Bliss. Les filaos et troncs d’arbres gigantesques dont les racines imposantes servaient de piliers au sable mouvant de la plage qui s’étendait à perte de vue, ont tout bonnement été déracinés par les vagues de l’Océan atlantique ; lesquelles ont « coupé » la principale route bitumée faisant office de « corniche ». Conséquence, là aussi, des dizaines de rizières sont directement menacées de disparition, un cimetière devrait très prochainement être envahi par les vagues, le site cultuel d’El Hadji Oumar Tall aussi, entre autres. Une partie des 14 îles de la commune de Kafountine devrait dans un court terme être coupée du reste du pays et donc être de facto une sorte de « prison » à ciel ouvert.

C’est dire que les autorités compétentes, à commencer par celles nationaux, devraient enclencher le « Plan ORSEC » dont les dispositions pertinentes ne sauraient ne pas concerner cet état de faits à Kafountine.
A moins que qui de droit préfère attendre que le pire survienne pour apporter des soutiens en nature et de l’argent pour présenter des condoléances … médiatisées.

