Ils sont désormais trois ayant décidé d’attaquer en justice le décret n° 2023-2152 portant nomination des douze membres de la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA), des membres de la société civile se joignent au combat. Il s’agit de l’expert électoral Ndiaga Sylla, d’Elimane Kane de l’Ex-Africa et enfin de Djibril Gningue du Gradec. Ces trois personnes qualifient d’illégal l’acte posé par le chef de l’État, Macky Sall même si Ismaila Madior Fall conteste leur qualité à agir.
« Ce décret viole à la fois le Code électoral en ses articles 4 et 7 sur la permanence même de la CENA et sur les modalités de renouvellement. Mais ce degré viole également le protocole additionnel de la CEDEAO, qu’aucune réforme substantielle de la loi électorale ne doit intervenir dans les six mois précédents, sans le consentement d’une large majorité des acteurs », renseigne Djibril Gningue, expert électoral et membre de la société civile.
Joint au téléphone, Elimane Kane fustige le remaniement intégral de l’équipe électorale. Il remet en cause par ailleurs la neutralité de certains de ses nouveaux membres.
« C’est un acte en lui-même qui a des anomalies qu’il faut changer parce qu’il y a des membres qui n’ont pas les mêmes conditions, dont il faut respecter aussi les droits, la manière de donner le respect de leurs mandats. D’ailleurs, certains de ses membres ont déjà manifesté ouvertement des positions partisanes, donc ils ne peuvent pas être membres de la CENA tel que le proscrit la loi », se désole-t-il.
Pour Djibril Gningue, cette nomination est motivée par des questions politiques pour éliminer un adversaire politique.
«Ça a un caractère, une connotation fortement politique. Cela intervient après l’injonction de la CENA faite à la DGE, après son refus de remettre au mandataire de Monsieur Sonko, les fiches de parrainage ».
Avec Seneweb

