C’est un retournement de situation dont la Cour suprême à le secret qui s’est produit vendredi 6 octobre en examinant le recours des conseils d’Ousmane Sonko et de Pastef visant la décision de refus de la direction générale des élections de ne pas leur remettre les fiches de parrainage. Une surprise d’autant plus que la procureure générale a dénoncé dans son réquisitoire le fait que la DGE ne peut dans cette procédure « être juge et partie » car selon la magistrate seule « le Conseil constitutionnel a les prérogatives de dire qui est candidat ou non ».
Le réquisitoire de la Procureur Générale avait pourtant laissé pensé que le président de la Chambre administrative de la Cour suprême allait allait rétablir Ousmane Sonko dans son droit fondamental de se déclarer électeur: « L’Administration ne peut pas être juge et partie. Le ministère s’est fondé sur l’Article 29 qui concerne les inscriptions et non les radiations. La DGE a outrepassé ses prérogatives », a-t-elle affirmé
Avant de conclure: « Il y a violation fondamentale du droit de M. Ousmane Sonko. Monsieur le président, il faut faire cesser cette violation »
« L’Etat de droit est un état ou tout le monde est soumis à la loi. La DGE ne peut pas refuser de fiches de parrainage à quelqu’un qui veut juste prétendre diriger son pays et solliciter les suffrages. Seul le conseil constitutionnel peut le faire. Qu’est-ce que cela vous coûterait de lui remettre les fiches. S’il ne remplit pas les conditions pour être candidat, le conseil constitutionnel le dira. En quoi cela nuirait t’il aux intérêts des tiers qu’il reçoive ses fiches? »
Avant de poursuivre « Ousmane Sonko a le droit de prétendre comme tous les Sénégalais à se faire parrainer. On n’est pas encore dans la candidature mais dans les candidats à la candidature. Il y a une grave atteinte à ses droits. Il y a urgence et rupture d’égalité puisque les autres candidats ont déjà reçu les fiches. »
La magistrate de conclure sa réquisition par une demande à la Cour « Je vous demande d’ordonner à la direction générale des élections de lui délivrer des fiches car seul le conseil constitutionnel peut dire qui est candidat et qui ne l’est pas à la suite d’un procès contradictoire où les droits de la défense seront respectées. »

