De Youssouf f DIMMA Correspondant de Teranganews dans la région de Ziguinchor
René Capin Bassène et Oumar Ampoï Bodian restent en prison, la Chambre criminelle a rejeté leur demande de liberté provisoire introduite par leur avocat Me Ciré Clédor Ly.
Suite à la demande de mise en liberté provisoire introduite par l’avocat Me Ciré Clédor Ly, en faveur des détenus René Capin Bassène et Oumar Ampoï Bodian, et le requête du second de se faire restituer l’ensemble de ses biens personnels réquisitionnés par le juge d’instruction dans le cadre de l’information judiciaire ouverte avant leur jugement, la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Ziguinchor a statué en présence des concernés, ce vendredi 7 juillet 2023 dans la salle d’audience de la cour d’appel. Sa décision a été de rejeter toutes ces demandes.
C’est l’avocat des détenus, Me Ciré Clédor Ly, visiblement en colère contre une telle décision, a expliqué que « concernant la rétention des objets personnels de Oumar Ampoï Bodian, la justice ne doit retenir que des objets ayant servi à l’exécution de l’infraction poursuivie ou bien lorsque c’est réellement nécessaire pour la recherche de la vérité. Tout le monde a pu constater que la demande de restitution ne portait que sur des affaires personnelles, des objets personnels et donc des outils de travail qui, en fait, ne serve à rien à la justice et qui n’ont pratiquement aucune valeur monétaire. »
En effet, lors de l’audience spéciale permettant à la chambre criminelle de statuer sur la demande de mise en liberté provisoire, le président de la chambre a invité Oumar Ampoî Bodian à la barre pour confirmer l’envoi, par lui, d’une correspondance dans laquelle il a requis la restitution d’un certain nombre de ses biens personnels ayant été réquisitionnés lors de l’enquête ouverte dans le cadre du massacre de 14 exploitant forestiers, le 6 janvier 2018, dans la forêt du Bayotte Est, non loin du village de Boffa, dans la commune de Nyassia.
Devant la barre, Oumar Ampoï Bodian a confirmé, après la lecture de la liste des objets par le président de la chambre criminelle, qu’il s’agissait de : « un ordinateur portable HP, un disque dur externe de 500 Giga-octets, deux clefs USB de 16 et 32 Giga-octets, deux téléphones portables de marque Tecno, des Bics, une pochette contenant des documents administratifs et d’identification dont un permis de conduire, etc. »
Le rejet de ladite requête formulée par Oumar Ampoî Bodian, tout comme celui de la demande introduite pat l’avocat ont été requis par le procureur de la république ayant fait son réquisitoire à la suite de la plaidoirie de Me Ly.
Selon le procureur, « même si l’article 130 du code de procédure pénale du Sénégal a prévu la mise en, liberté provisoire de prévenu sous le coup d’une poursuite judiciaire, celle-ci n’est possible que si le prévenu n’est pas condamné et est en train de purger sa peine. Or, c’est le cas des deux prévenus en question d’une part, d’autre part le trouble à l’ordre public occasionné par les infractions pour lesquelles ils ont été condamnés, court toujours sans oublier le risque pour eux de se soustraire à la justice dès lors qu’ils auront été mis en liberté provisoire ».
Concernant les objets personnels d’Oumar Ampoï Bodian, le procureur de la République a estimé que « ces matériels ont déjà été saisis et mis sous scellé, alors pas question de les en sortir ».
Pour rappel, après leur condamnation en première instance à la prison à perpétuité, Oumar Ampoï Bodian et René Capin Bassène, qui avait promis de se suicider avant de se désister, avait introduit un appel qui devrait, selon l’avocat Me Ciré Clédor Ly, « pouvoir être jugé au fond dès que possible puisque cette audience spéciale démontre à suffisance que le dossier au fond est fin prêt ».
Il a promis de se rapprocher du procureur général pour voir dans quelle mesure l’audience au fond serait organisée.

