De Youssouf DIMMA, Correspondant de Teranganews dans la région de Ziguinchor
Le prix du mouton flambe malgré l’abondance de l’offre.
A seulement quelques jours voire quelques dizaines d’heures de la Tabaski célébrée au Sénégal mercredi et jeudi prochains selon que l’on veuille se conformer au communiqué de la Coordination des Musulmans du Sénégal ou à celui de la Commission nationale de concertation du croissant lunaire, le prix du mouton est quasi « insupportable » par le citoyen ziguinchorois au revenu modeste. En effet, ce prix oscille entre 130 000 FCFA et 800 000 FCFA selon les clients et vendeurs de moutons interrogés au foirail des petits ruminants sis au quartier Tilène de Ziguinchor.
En effet, trouvé sur le foirail, qui continue d’être approvisionné en moutons vu les camions venant d’un peu partout sur le territoire national, Famara Faty, visiblement perplexe, ne cache pas son « inquiétude de voir les prix des béliers calés entre deux montants et qui n’évoluent pas dans le sens des moyens de l’écrasante majorité des Sénégalais ».

Pour ce père de famille, « les prix qu’on m’opposent passent de 250 000 F à 800 000 FCFA, juste pour des moutons de Tabaski ; j’étais d’abord de l’autre côté du foirail, les prix sont les mêmes que de ce côté-ci. Je trouve cela quand même inquiétant ».
M. Faty préconise que « l’on négocie avec les vendeurs de moutons pour qu’ils baissent les prix afin de permettre à tout le monde de s’y retrouver ».
Dans le même temps, cet autre client qui, sous le couvert de l’anonymat, est « venu pour la cinquième fois au foirail, matin et après-midi, je ne peux pax avoir un seul mouton qui puisse coûter 80 000 FCFA, car c’est cela qui correspond avec mes possibilités ; c’est pourquoi je choisis toujours des moutons, selon moi, pourraient coûter ce montant-là, mais impossible de l’avoir ».

A l’en croire, « pourtant, c’est le montant que je débourse chaque année vu la taille de ma famille, pour fêter la Tabaski, mais on m’oppose des prix allant de 130 000 FCFA à 280 000 FCFA. Je voulais acheter deux moutons de 80 000 FCFA et je suis prêt à revoir mes offres jusqu’à 85 000 FCFA. Et en venant ici, j’avais à l’idée des paroles du Premier ministre qui, dans la presse, a fait état de 60 000 FCFA comme le plus petit montant, mais ce n’est pas ce qu’on constate sur le terrain ».
Ce père de famille « déplore le fait que malgré la subvention faite par les autorités, les conditions de sécurité offertes sur les sites de vente de moutons et au niveau des foirails, les conditions d’accès à l’eau potable pour les vendeurs, et à l’eau simplement pour les moutons, on en arrive toujours à des prix insupportables ; il faut que les autorités envoient des agents qui contrôlent les prix sur les différents sites de vente ».

Pour leur part, les vendeurs de moutons, certes difficiles à faire parler « par mesure de précaution », déclarent hors micro que « le transport n’est pas subventionné, les conditions de déplacement des moutons ne permettent pas au bétail d’arriver à destination au grand complet ; il en manque toujours car certains moutons meurent en route ».
