Mercredi 14 juin, le Conseil national du patronat (Cnp) a tenu un point de presse pour se prononcer sur les dégâts et pertes subis lors des manifestations des 1er et 2 juin dernier au Sénégal. Les différents secteurs de l’économie ont déploré des pertes à hauteur de milliards de FCfa.
D’intenses manifestations ont suivi la condamnation à deux ans de prison du leader du parti Pastef-Les patriotes, Ousmane Sonko. Des banques, magasins et édifices publics ont été saccagés. L’activité économique a été perturbée durant au moins une semaine.
Avec cette accalmie notée, l’heure du bilan a sonné !
Selon Baidy Agne, président du Cnp, les pertes sont immenses. Dans le détail, 27 stations-services du groupe Total ont été pillés, 5 pour le groupe Shell et 1 pour Petrosen. Le préjudice pour le secteur des hydrocarbures est estimé à 3 milliards de FCfa.
Le secteur bancaire a également ressenti la violence des manifestations. 17 banques, selon le patronat bancaire ont été touchées. Les dégâts matériels sont estimés à 700 millions de FCfa.
Le secteur touristique non plus n’est pas sorti indemne de ces perturbations. Les impacts directs sont l’annulation de plusieurs réservations au moment où l’activité retrouvait sa vitesse de croisière. « Après la Covid-19, l’activité touristique a été touchée par les manifestations. Plusieurs réservations ont été annulées. Deux grandes conférences ont été reportées, car l’image du pays a été écornée », souligne-Aimé Sène.
Les manifestations ont entraîné des restrictions sur Internet. Des décisions qui ne sont pas restées sans conséquences pour le secteur du transfert d’argent. Parmi les sociétés phares, Wave a constaté une chute de 40% de l’utilisation de son service de transfert d’argent. Au total, 7 millions de clients ont été impactés.
Pour la société Expresso, Fatou Sow Kane fait état d’un impact sur 50% des services d’internet. Ce qui a forcément eu des conséquences sur les finances de la boite. « L’impact commercial est visible avec 50% de baisse d’utilisation de nos services Internet. Nous ne souhaitons pas que cela se reproduise, car personne n’en sortira indemne », déclare Mme Kane.
Plus jamais ça !
Pour se prémunir des dommages, Fatou Sow Kane suggère des réflexions afin de mettre en place un plan de résilience permettant aux acteurs de s’adapter et de poursuivre leurs services.
Pour Antoine Ngom, président de l’Organisation des professionnels des technologies de l’information et de la communication, le secteur numérique considère les pertes économiques et sociales incommensurables. « Toute restriction ou coupure d’internet a des conséquences économiques. Aujourd’hui, il est important de minimiser les risques de coupure en investissant dans des dispositifs de lutte contre la cyber sécurité », a préconise t-il.
Prochaine étape pour le Cnp : Produire un document qui quantifie l’ensemble des pertes subies.

