Ces procédures pour «crimes contre l’humanité», dont l’AFP a eu connaissance, visent également le ministre de l’Intérieur sénégalais Antoine Diome, le général Moussa Fall, commandant de la gendarmerie sénégalaise, «ainsi que 112 autres individus», et concernent la période allant «de mars 2021 à juin 2023».
Pour l’avocat français de l’opposant sénégalais Ousmane Sonko, c’est l’heure de vérité concernant les violences survenues au Sénégal de mars 2021 à juin 2023. Le Président sénégalais Macky Sall est l’objet d’une plainte pour « crimes contre l’humanité » devant la justice française. De même que son ministre de l’Intérieur Antoine Félix Diome et le patron de la gendarmerie nationale Moussa Fall.
C’est le quotidien Le Figaro qui l’annonce dans sa version en ligne sur la base d’une dépêche de l’Agence France Presse sourcée par un avocat de l’opposant sénégalais Ousmane Sonko: « une plainte a été déposée en France et une demande d’enquête soumise à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye contre le président sénégalais Macky Sall pour «crimes contre l’humanité».
Selon l’AFP, ces procédures pour «crimes contre l’humanité» visent également le ministre de l’Intérieur sénégalais Antoine Diome, le général Moussa Fall, commandant de la gendarmerie sénégalaise, «ainsi que 112 autres individus». Elles concernent la période allant «de mars 2021 à juin 2023».
D’après l’avocat Juan Branco, « le meurtre de 50 personnes » a été établi pour ladite période.
« Attaque généralisée et systématique de la population civile »
Selon les procédures engagées, ces «crimes contre l’humanité» ont été «commis dans le cadre d’une attaque généralisée et systématique de la population civile». Macky Sall et Antoine Diome ont «ordonné et supervisé la commission» de ces crimes «contre des manifestants désarmés depuis le mois de mars 2021», affirment les requêtes, évoquant «des meurtres, tortures et disparitions forcées», rapporte l’AFP.
Ces révélations explosives de la presse française interviennent alors que Branco organise une conférence de presse à Paris ce jeudi 22 juin pour livrer des « preuves radicales, vérifiées puis documentées » qui seront versées à la Cour pénale internationale (CPI) après les violences meurtrières du début du mois de juin survenues au Sénégal.
Juan Branco « entend contribuer à la recherche de la vérité et à la responsabilité en documentant les actes de violence et en recueillant des preuves tangibles », indique le communiqué de presse reçu à IMPACT.SN en début de soirée.
Les événements du début de ce mois de juin ont fait plusieurs morts : 16 selon le ministère de l’Intérieur, 23 « tous documentés » d’après Amnesty International, 26 rapportés par Pastef, le parti dirigé par Ousmane Sonko. Ils sont survenus après la condamnation de Sonko à deux ans de prison de ferme par un tribunal dakarois dans un procès qui a tenu en haleine l’opinion sénégalaise durant plus de deux ans.
« Informations de première main »
« Cette conférence de presse est une occasion unique pour les journalistes d’obtenir des informations de première main sur les preuves recueillies, vérifiées puis documentées qui seront transmises à la CPI », souligne la même source.
Selon Branco et son staff, « la présentation des éléments probants sera cruciale pour éclairer la communauté internationale sur la situation au Sénégal et pour poursuivre les responsables de ces actes de violence. »
Cette sortie médiatique de l’avocat coïncide avec le séjour à Paris du président sénégalais Macky Sall qui participe les 22 et 23 juin à un sommet sur « Un nouveau pacte financier mondial ».
Selon Le Figaro, toute personne ou groupe peut déposer une demande d’enquête auprès du procureur de la CPI. La juridiction décide ensuite si elle ouvre une enquête ou pas.
Macky Sall, élu en 2012 et réélu en 2019, entretient le flou sur sa volonté de briguer un troisième mandat en 2024. L’hypothèse d’une candidature rencontre une forte opposition au nom du respect de la Constitution. En mars 2021, des troubles – déjà autour de la personne de M. Sonko – avait fait au moins 12 morts au Sénégal. La plainte en France a été déposée devant le pôle crimes contre l’humanité du tribunal judiciaire de Paris.

