La délégation africaine devrait échanger avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Kiev, avant de se rendre à Saint-Pétersbourg pour rencontrer le chef d’Etat russe Vladimir Poutine.
Une délégation de dirigeants africains, qui comprend notamment quatre chefs d’Etat dont le président sud-africain Cyril Ramaphosa, est arrivée, ce vendredi 16 juin, à Kiev pour une mission de médiation visant à trouver une solution pacifique au conflit opposant l’Ukraine à la Russie.
M. Ramaphosa, les présidents sénégalais Macky Sall et zambien Hakainde Hichilema, ainsi que le président comorien Azali Assoumani, à la tête de l’Union africaine (UA) depuis février, et des représentants de la République du Congo, de l’Ouganda et de l’Egypte ont entamé leur voyage par une visite à Boutcha, une ville proche de la capitale ukrainienne Kiev où l’armée russe est accusée d’avoir commis de graves exactions contre des civils.
Peu après l’arrivée des dirigeants africains dans cette ville, une attaque de missiles a été lancée par les forces russes sur Kiev. L’armée ukrainienne a indiqué avoir intercepté 12 missiles, dont six Kinjal hypersoniques.
Cette attaque a été qualifiée par le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, de « message à l’Afrique » selon lequel « la Russie veut plus de guerre, pas de paix ». Selon lui, il s’agit de « la plus importante attaque de missiles contre Kiev depuis des semaines ».
Dans une vidéo publiée sur Twitter, le porte-parole de la présidence sud-africaine, Vincent Magwenya, a précisé que la mission « se déroule plutôt bien et comme prévu », indiquant que la délégation africaine doit rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky plus tard dans la journée pour « tenter de trouver un chemin de paix à ce conflit ».
Après Kiev, les dirigeants africains se rendront à Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie), où ils doivent rencontrer samedi le président russe, Vladimir Poutine.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa n’a pas dévoilé les contours du plan de paix africain lorsqu’il a annoncé cette mission de médiation mi-mai dernier.
Selon certains analystes, le timing de cette visite semble mal choisi, puisqu’elle intervient au moment où Kiev lance une grande contre-offensive à laquelle Moscou répond par des bombardements répétés de grandes villes ukrainiennes.
« En temps d’escalade du conflit, la recherche d’une solution de paix doit être parallèlement accélérée », a cependant justifié M. Ramaphosa dans un communiqué publié à la veille du début de la mission de médiation.
L’Afrique du Sud a adopté une position neutre depuis le début de la guerre en Ukraine il y a un peu plus d’un an, refusant de se joindre aux appels occidentaux à condamner Moscou.
Le président sud-africain avait également annoncé depuis mars 2022 que son pays entend « jouer un rôle de médiation » dans le conflit.
La majorité des autres Etats africains ont maintenu une position de non-alignement, même si Moscou et Kiev se sont efforcées ces derniers mois de les attirer dans leurs camps respectifs.
agenceecofin.com

