De Youssouf DIMMA, Correspondant de Teranganews à Ziguinchor
Au moins deux mille (2000) tonnes de noix d’anacarde destinées à l’exportation, notamment en direction de l’Inde et du Vietnam, sont actuellement en souffrance dans les entrepôts en Casamance naturelle sans aucune perspective de commercialisation. Conséquence, la compagne anacardière 2023 peine encore à être correctement lancée dans cette partie du pays puisque les acheteurs, Indiens et Vietnamiens en particulier, ne souhaitent pas s’y rendre dans ces conditions.

Le cri du cœur est poussé par le président national de l’Interprofession Cajou du Sénégal. Boubacar Konta, visiblement désemparé, a fait une déclaration ce samedi 06 mai 023 en marge d’un atelier dédiée au secteur agricole dans la Casamance naturelle.
Pour M. Konta, « la campagne anacardière a démarré depuis mars dans les zones du Sine, du Saloum et des Niayes ; il a fallu attendre le 20 avril pour qu’elle démarre en Casamance en particulier dans la région de Ziguinchor. Ce retard s’explique par le fait que jusqu’au moment où nous parlons, des noix de la dernière campagne, celle de 2022, sont toujours dans les entrepôts attendant des preneurs. Il s’agit surtout des noix financées dans le cadre du système de récépissé d’entrepôts. L’interprofession est en train de voir comment évacuer ces noix estimées à presque 2000 tonnes sur les 5000 concernées par ce système ».
À l’en croire « voilà ce qui explique le retard de la campagne anacardière au titre de 2023. Et ceci découle aussi du fait qu’il n’y a pas de mesures très claires concernant les exportations de la noix. En effet, l’exportation de la noix d’anacarde par voie terrestre était jusqu’à très récemment interdite. Cette mesure a été revue l’année dernière ; et cette année, on a pu se pencher pendant 48 heures pour parler de cette mesure. »
Le président national de l’Interprofession anacarde du Sénégal indique que « l’idéal est de libérer la circulation pour permettre aux camions d’aller d’une région à une autre ; car l’exportation signifie d’acheminer les noix d’un pays à un autre alors que ce n’est pas le cas ».
Pour lui, ces mesures ont « beaucoup impacté sur la commercialisation des noix l’année dernière et cela a découragé les Indiens et les Vietnamiens qui avaient fini par rentrer puisque beaucoup de noix devant être exportées ne l’avaient pas été et leur qualité avait baissé dans les entrepôts ».

M. Konta a ajouté que d’habitude, « le Sénégal a toujours eu des noix de cajou de 50 à 52 out-turn, mais l’année dernière, à cause de cette mesure, l’on s’est retrouvé avec des noix de 40 à 46 out-turn. Résultat, les exportateurs ont peur d’acheter les noix pensant que les producteurs de la région vont mélanger ces noix de basse qualité avec celles de cette année. L’autre conséquence porte sur le prix du kilogramme qui devrait être actuellement aux environs de 500FCFA mais qui est actuellement à 300 ou 325 FCFA ».
Pour rappel, le Sénégal a exporté au titre de l’année 2022, pas moins de 102 000 tonnes de noix d’anacarde pour un montant global de plus de 60 milliards de FCFA.

