De Youssouf DIMMA correspondant de Teranganews à Ziguinchor
La crise sociale qui existe en Casamance, dans le sud du pays, depuis le 26 décembre 1982, aurait fait « près de 800 victimes de mines ». C’est, en tout cas, la déclaration faite ce mardi 26 avril 2023 au Cap-Skirring par le directeur général de l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (Anrac). Ansou Sané prenait ainsi la parole à la cérémonie d’ouverture d’un atelier.
Selon lui, « la crise en Casamance a profondément déchiré les tissus industrielle, économique, social et culturel de la Casamance. Près de 800 victimes de mines ont été recensées sans oublier le déplacement de milliers de personnes »
Le DG de l’Anrac a rappelé que dans le cadre de la résolution de ladite crise, l’Etat du Sénégal a initié plusieurs projets et programmes afin de réunir les conditions de restauration de la paix, de retour des populations déplacées et de relance des activités économiques et sociales dans cette partie du pays.
Toutefois, l’ensemble de ces projets et programmes n’a pas suffi à atteindre ces objectifs malgré, par ailleurs, les opérations de sécurisation tous azimuts, menées par l’armée nationale et ayant permis de récupérer des zones et de villages des mains de bandes armées qui les occupaient depuis parfois près de trente ans.
«Toutefois, il faut reconnaître que le retour des populations souffrent parfois de quelques difficultés liées à la mobilisations des ressources pour la prise en charge adéquate des préoccupations exprimées par les populations » a précisé M. Sané lors d’une interview accordée aux journalistes. D’où l’organisation d’un atelier au Cap – Skirring pour tenter d’y répondre de manière efficiente.
‘’Plusieurs parties de la région naturelle de la Casamance ont été libérées des mines et des restes explosifs de guerre. Des efforts assez consistants ont été fournis par l’Etat du Sénégal et ses partenaires. Et, les démineurs sont jusqu’à présent sur le terrain pour continuer le travail’’, a salué le chef de l’exécutif régional.
Le gouverneur s’exprimait en marge d’un atelier de plaidoyer sur les stratégies de mobilisation des ressources financières pour soutenir le déminage humanitaires et la réinsertion et intégration socioéconomique des populations victimes du conflit en Casamance.
Cette rencontre était Co-organisée par l’agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (ANRAC), le centre national d’action antimines au Sénégal (CNAMS) et l’ONG APRAN en partenariat avec l’ambassade de Suisse au Sénégal.
‘’Cet atelier vise à mobiliser les partenaires techniques financiers autour de la question du déminage humanitaire en vue de les amener à s’engager à accompagner l’Etat du Sénégal dans son engagement à éliminer les mines au niveau du Sénégal d’ici 2026’’, a expliqué le gouverneur de Ziguinchor.
En effet, a-t-il fait observer, ‘’nous avons remarqué que depuis quelques années il y a un groupe de partenaires qui s’est engagé auprès de l’Etat du Sénégal mais il était en léthargie pour des problèmes de financements’’. Ce qui selon lui, ‘’ a fait que le déminage humanitaire a pris un ralentissement’’.
‘’Nous voulons corriger cette problématique en remobilisant les partenaires techniques financiers au côté de l’Etat pour atteindre cet objectif qui consiste à déminer les terres de la région naturelle de la Casamance et ses engins explosifs nuisibles au développement économique de la zone’’, a dit Guedj Diouf.
Selon le secrétaire général de l’ONG APRAN, Demba Keita, ‘’il reste en Casamance 1.700. 000 mètres carrés de terres à déminer et, pour ce faire il faut six milliards de francs CFA’’.
‘’Aujourd’hui, nous voulons pousser les partenaires pour mobiliser environ 2 milliards 900 millions de francs CFA qui vont permettre à l’ANRAC et au CNAMS de dérouler leur stratégie et accélérer le processus de prise en charge des populations affectées par les mines’’, a expliqué Demba Keita, faisant savoir qu’aujourd’hui, 800 victimes ont été recensés en Casamance et des milliers de déplacés.
‘’Il faut que les villages soient dépollués afin que les gens puissent circuler librement et aller dans les champs’’, a plaidé le SG de l’ONG APRAN.

