De Adama Séne correspondant de Teranganews à Saint-Louis
Pour partager leurs expériences sur la gestion foncière locale, 80 leaders d’organisations locales venus de 8 pays de l’Afrique de l’Ouest se réunissent dans la capitale du Nord pour un séminaire régional sur le foncier. Une rencontre internationale qui sera une tribune pour les participants de faire le bilan de leurs activités et de dégager les perspectives pour une bonne gouvernance foncière locale.
Pendant 5 jours de travaux et d’échanges d’expériences, 80 représentants d’organisations paysannes, de la société civile, d’experts, de chercheurs, de représentants de l’Etat, d’élus locaux et d’opérateurs de projets partageront leurs expériences et expertises sur les conditions de promotion d’une bonne gouvernance foncière locale. Plusieurs thèmes liés à la question de la gestion foncière seront traités par la présentation d’une diversité d’initiatives en cours dans les pays. Pour le coordonnateur du comité technique Foncier et Développement, le professeur Sidy Mouhamed Seck de l’Ugb, l’objectif de l’atelier régional est de renforcer les capacités des organisations de la société civile et autres acteurs du foncier dans la définition des politiques.

Dans beaucoup de pays ouest-africains et en Madagascar, a signalé Pr Seck, il y a des politiques foncières qui se réajustent, qui se mettent en place et les agriculteurs, les pêcheurs, les éleveurs et les collectivités locales qui utilisent des ressources naturelles ont besoin de se renforcer. « Ces acteurs pour qu’ ils puissent participer à cette arène de discussions et de décisions politiques, ont besoin de capacitation. Mais au-delà des renforcements, ils ont également besoin d’appuis dans les travaux de terrain et de recherches pour remonter les informations et les besoins des populations et de leurs membres » a expliqué Sidy Mouhamed Seck de l’Ugb.
Pour le représentant du réseau des organisations des producteurs et paysans de l’Afrique de l’Ouest ( Roppao), Babacar Diop, différents défis se posent avec acuité dans les territoires ruraux et sont actuellement aggravés par les crises sécuritaires et l’ébranlement de la cohésion sociale dans les territoires sahéliens. Des propos qui sont confirmés par Comlan Fagbemon, Expert béninois en Médiation et Maire de la commune de Banté. Pour le président du Groupement intercommunal des collines (Gic) au Bénin, les problèmes et conflits fonciers notés au Sénégal, sont également les mêmes enregistrés au Bénin et dans d’autres pays africains. D’ailleurs, les problèmes fonciers sont souvent à la base de conflits très violents, ont révélé certains participants.

Pour le chercheur à l’Ugb, la question foncière est extrêmement complexe et très sensible. « Aujourd’hui ce qui se passe dans certains pays africains de l’Ouest comme le Mali, le Burkina, le Niger, entre pays, démontre à suffisance cette situation. Les conflits fonciers alimentent les tensions dans ces pays. Chez nous, à cause du foncier, dans la vallée du fleuve Sénégal dans le Nord, il y a eu des violences très graves à Mbane, à Fanaye mais également dans d’autres zones du Sénégal. A partir de là il faut que les éléments de dialogue se développent et que les concertations aient lieu de sorte qu’ on apaise les tensions et qu’ on aille vers des solutions concertées » a déclaré le professeur Sidy Mouhamed Seck. Avant de poursuivre qu’ il ne peut avoir de développement dans un contexte d’insécurité et de conflit.
Il faut signaler que les participants de la rencontre de Saint Louis sont venus de la Guinée, du Mali, du Burkina, du Niger, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et de Madagascar. Ils sont accompagnés dans leurs travaux par des représentants de l’Afd, de l’Uemoa, de l’Ong « Gret » et autres partenaires.

