De Adama Séne correspondant de Teranganews à Saint-Louis
Saint Louis a été hier la capitale des femmes transformatrices et mareyeuses du Sénégal pour la célébration de la journée internationale des femmes. Une occasion que ces dernières les femmes ont saisi pour dénoncer les dures conditions de travail dont elles font face quotidiennement dans les quais de pêche et site de transformation et surtout réclamé des postes dans les instances de décision.
Pour le Réseau des Femmes de la Pêche Artisanale du Sénégal (REFEPAS), la célébration de la journée se tient dans un contexte très difficile pour leur secteur. Pour la présidente du REFEPAS, Diaba DIOP, elle est caractérisée par une crise du secteur des pêches consécutive au déclin de la plupart des principales espèces démersales côtières et plus gravement de petits pélagiques, mais aussi l’après COV1D-19 dont les femmes de la pêche artisanale subissent encore les effets. Une situation , a-t-elle ajouté, qui est aggravée par l’industrie de farine de poisson qui cible les petits pélagiques privant les femmes transformatrices de produits halieutiques et mareyeuses notamment de leur source de travail. » C’est pourquoi notre structure exige le gel de toutes nouvelles licences de pêche industrielle ciblant les petits pélagique et autres stocks surexploités Car, auto employeuses très actives jadis, nous souffrons actuellement d’une baisse drastique d’activités et de de revenus avec des conséquences graves sur nos familles et l’économie. Nous sommes sans aune protection et sans sécurité sociale.

Les femmes transformatrices vivent actuellement dans la précarité » a déploré Diaba Diop. Pourtant, la transformation des produits halieutiques au Sénégal emploie des dizaines de milliers de femmes qui s’activent chaque jour au fumage, séchage, braisage et salage de poisson entre autres. Malgré l’impact socio-économique de leur activité au Sénégal, a dénoncé Diaba Diop, ce métier n’est pas encore légalement reconnu par les autorités administratives. » Sans cadre légal, les femmes transformatrices de poisson sont vulnérables et ne jouissent pas de leur droit de représentation dans des instances consultatives. Elles n’ont pas accès aux financements adaptés à leurs statuts et à la matière première » a poursuivi la présidente du REFEPAS.
Dans les présentations, les études de l’ONG IDinsight ont révélé la place primordiale qu’occupent les femmes du secteur de la pêche dans les ménages. Elles sont souvent le principal soutien de la famille. Pourtant, elles considèrent le manque de reconnaissance légale, la surpêche, la présence des usines de farines et d’huile de poisson, et le manque d’accès au financement comme étant des obstacles majeurs à leurs moyens de subsistance et d’épanouissement.

Raison pour laquelle, des milliers de femmes transformatrices de produits halieutiques élèvent la voix et luttent encore pour la reconnaissance de leur activité professionnelle. Un combat dont le Greenpeace Afrique s’est joint aux femmes transformatrices pour demander à l’État du Sénégal de finaliser le processus de reconnaissance du métier de la transformation artisanale des produits halieutiques par la signature du décret de reconnaissance de ce métier. » Il est temps que les autorités concrétisent le processus enclenché depuis 2013 pour la reconnaissance du métier de femmes transformatrices. Il est inadmissible, que depuis toutes ces années, elles attendent la signature d’un décret. Ces femmes contribuent à grande échelle à l’économie et méritent une reconnaissance légale de leur statut.” a déclaré Abdoulaye Ndiaye, chargé de campagne Océans à Greenpeace Afrique.

