Le Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) a apporté des clarifications suite à sa décision de suspendre le signal de la télévision privée WALFADJRI après la retransmission en directe des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre à Mbacké lors d’un meeting du Pastef, interdit par le Préfet. Une sortie qui fait suite aussi au grand rassemblement devant les locaux du groupe Walfadjri de sympathisants en guise de soutien à la chaine.
L’organe de régulation déclare être « constant et déterminé » à « ne laisser personne diffuser, pendant des heures et en live, des scènes de violence impliquant des enfants et des adolescents ». : « L’organe de régulation des médias ne laissera personne diffuser, pendant des heures et en live, des scènes de violence impliquant des enfants et des adolescents », lit-on dans le document. Il reproche à cette télévision privée d’avoir diffusé « en boucle des images montrant des violences » à Mbacké (centre), « en violation totale de la réglementation » du secteur de l’audiovisuel.
« Nous sommes devant un cas de récidive », soutient le régulateur en faisant valoir que les dégâts de la violence à l’écran sur les enfants et les adolescents sont « un fait indiscutable, prouvé scientifiquement ». « Aussi ne pourrait-il y avoir de spécificité sur cette question. Aucun régulateur au monde ne l’accepterait », justifie Babacar Diagne.
Dans un communiqué rendu public, l’organe de régulation revient sur cette mesure de suspension largement décriée par les acteurs de la presse : « Il dit refuser de s’arrêter « sur les comparaisons tout à fait inadéquates entre les événements du Capitole et des Gilets jaunes survenus dans des pays où l’enfance est très protégée ». Babacar Daigne laisse de même entendre que les faits pour lesquels le signal de Walf TV a été suspendu ne sont pas comparables au mouvement social apparu en France à partir d’octobre 2018, dont les Gilets jaunes – nom donné par allusion aux gilets de couleur jaune portés par les manifestants – sont la pointe contestataire. “Je comprends la propension de nos compatriotes à politiser toutes les questions mais celle-ci ne saurait être politisée, a commenté Babacar Diagne. Il s’agit de l’avenir de nos enfants et de notre pays.”

