Relations franco-sénégalaises, affaire « sweet beauty, troisième mandat…Ousmane Sonko se livre à Rfi et France 24
Ousmane Sonko s’est livré à Rfi et France 24. Dans une interview de près de vingt minutes, le leader de l’opposition sénégalaise est revenu sur les relations franco-sénégalaises, son dossier judiciaire et sur la tentative de troisième mandat de Macky Sall…
D’emblée le maire de Ziguinchor se veut claire : « La France prend fait et cause pour Macky Sall, mais nous l’appelons à revoir sa position. On a été présentés comme des anti-Français notoires, mais nous n’avons rien contre la France. Nous voulons la révision de certains axes, notamment économiques ».
Poursuivant, le président du parti Pastef de faire cette précision : « Nous sommes une opposition responsable, qui ne veut en aucun cas interrompre la coopération avec la communauté internationale, nous voulons juste des partenariats gagnant-gagnant », affirme-t-il.
Interrogé sur le sentiment pro-russe et anti-français qui se développe dans plusieurs capitales africaines, Ousmane Sonko répond : « Il n’est pas question de remplacer un partenariat qu’on considère comme défavorable par un autre qui peut l’être beaucoup plus. Remplacer un drapeau par un autre ne milite pas en faveur de la souveraineté des pays africains. » Même s’il reconnaît que son discours peut être gênant pour certains mais il l’assume : « nous avons un discours de rupture dans les relations. » Il ajoute : « Il y a des traditions séculaires entre le Sénégal et la France. Mais ces traditions sont assises sur des relations qui ne sont pas totalement roses pour le Sénégal. Nous sommes au 21e siècle et le monde est en train de changer. La carte géopolitique du monde doit appeler tout le monde à revoir son attitude. »
Affaire Sweet Beauty, Sonko maintient la thèse du complot et accuse même Rfi qui se défend
Le principal opposant au régime en place affirme que les poursuites judiciaires engagées contre lui pour l’agression présumée de l’employée d’un cabinet de massage de Dakar sont en fait un « complot d’État établi par le président Macky Sall ». « Il n’a jamais été question de viol me concernant et vu qu’on n’est pas dans un dossier ordinaire, je ne me soumettrai pas à un test ADN », précise-t-il.
Répondant aux accusations de l’opposant Ousmane Sonko « Je l’ai dit parce qu’un de vos médias, Rfi, s’était déplacé à Dakar pour faire un reportage tendancieux sur cette affaire de viol, pour m’incriminer. J’ai même parlé avec des responsables de Rfi hier et ils ont confirmé que ce reportage était tendancieux. Au-delà de Rfi, il y a un certain nombre d’actes que la France pose, qui nous fait penser, en tout cas nous opposition, que la France prend fait et cause pour Macky Sall, pour des raisons qui lui sont propres. Dans ce sens, nous appelons la France à revoir sa position », a déclaré Ousmane Sonko.
Sur ce point la Direction de Rfi tient à préciser que ses journalistes, à Dakar comme à Paris, ont toujours veillé à couvrir cette affaire avec la plus grande rigueur et avec un souci permanent de l’équilibre.

