Le Sénégal fait partie des 44 pays sur 49 à avoir obtenu un score encore inférieur à 50, avec une note égale à 43/100 comme en 2021.
Un classement qui ne satisfait pas Birahim Seck du forum civil pour qui notre pays « stagne dangereusement dans la zone rouge », écrit sur son compte Twitter Birahime Seck, coordonnateur du Forum civil, la branche locale de Transparency international.
L’indice de perception de la corruption 2022 » IPC » publié ce mardi par Transparency International relève une situation désastreuse en Afrique subsaharienne : la majorité des pays de la région n’ont fait aucun progrès contre la corruption, leur niveau restant le même et la quasi-totalité (90 %) obtenant un score inférieur à 50.
Cela doit obliger les gouvernements africains à mettre en œuvre de manière urgente les engagements qu’ils ont pris en matière de lutte contre la corruption s’ils veulent atténuer l’effet dévastateur de la corruption sur les millions de citoyens qui vivent dans l’extrême pauvreté.
Selon toujours les observations de l’IFC : « L’année qui vient de s’écouler a vu la multiplication d’exemples inquiétants : des défenseurs des droits humains ont été tués6, des médias ont été clôturés7, des scandales d’espionnage gouvernementaux ont éclaté, tel le projet Pegasus8. De plus en plus, les droits en général et les
contrepoids au pouvoir sont minés, non seulement dans les pays où la corruption est systémique et les
institutions faibles, mais aussi dans les démocraties établies.
Pourtant, la corruption n’est pas le seul des maux accablant la région : elle est aussi l’une des moins pacifiques du globe selon l’indice mondiale de la paix . Et ceci n’a rien de surprenant car corruption et conflit font bon ménage et forment un cercle vicieux, de sorte que les pays en situation de conflit sont gagnés par la corruption, et la corruption à son tour est moteur de conflit. La République centrafricaine (24), le Soudan (22), la République démocratique du Congo (20), le Soudan du Sud (13) et la Somalie (12) sont rangés parmi les dix pays les moins pacifiques de la planète et figurent aussi dans la liste des 30 pays les moins bien classés de l’IPC.
Samuel Kaninda, Conseiller Régional pour l’Afrique de Transparency International s’exprime ainsi :
« À l’heure actuelle, les populations du continent africain sont assaillies de toutes parts par de multiples difficultés – pénuries alimentaires, hausse du coût de la vie, une pandémie qui n’en finit pas et de nombreuses situations de conflits. Mais en dépit du fait que la corruption vient alimenter et compliquer chacune de ces crises, les gouvernements de la région, pour la plupart, continuent de négliger les efforts requis pour lutter contre ce fléau. Les Africains ont besoin que leurs dirigeants ne se contentent plus de simples mots et engagements et prennent des mesures fortes et décisives pour éradiquer la corruption qui est omniprésente, en particulier en ces temps si durs, sinon la situation ne fera qu’empirer. »
Les Seychelles championnes d’Afrique
L’IPC classe 180 pays et territoires sur une échelle qui va de zéro (0 = forte corruption) à cent (100 = aucune corruption), en fonction du degré de perception de la corruption dans le secteur public. Le score moyen de l’Afrique subsaharienne reste le plus bas du monde, perdant même un point cette année pour atteindre 32.

