Le Musée des civilisations noires a célébré son quatrième anniversaire par l’ouverture de ‘’la galerie de l’incivisme’’, ‘’une vitrine de nos écarts’’ inaugurée par le secrétaire général du Ministère de la Culture et Patrimoine historique, Habib Léon Ndiaye.
‘’Placer le quatrième anniversaire du Musée des civilisations noires sous le thème du civisme est une belle manière de nous inviter à convoquer nos valeurs les plus profondes comme socle, pour nous projeter assurément vers l’émergence’’, souligne-ledit secrétaire général Ndiaye lors de la cérémonie du jeudi 22 décembre, à Dakar.
Mise en place par le Musée des civilisations noires, « la galerie de l’incivisme » se veut ‘’une vitrine de nos écarts qui menacent les fondements d’une société dont l’ancrage dans la morale et l’éthique, le sens de l’honneur et de la dignité, le respect de la nature, la pudeur dans le propos et l’attitude sont encore des caractéristiques essentielles du vivre ensemble’’, ajoute t-il. Selon Habib Léon Ndiaye, il s’agit, à travers cette exposition de photos, de vidéos et de peintures, d’‘’interroger ces écarts et leurs conséquences’’, dans ‘’une démarche inclusive’’, de ‘’réveiller en chacun le sens des responsabilités individuelles et collectives pour rétablir les équilibres’’.
Les images exposées montrent des scènes de vandalisme et de destruction de biens publics, tels que les bus de la société nationale de transport Dakar Dem Dikk ou des minibus incendiés, la violence dans les stades, la prolifération des ordures ménagères, entre autres… La galerie présente également des scènes de violence à l’Assemblée nationale, la dégradation du cadre de vie et de l’hygiène publique à Liberté 6 et à Rufisque, dans la région de Dakar. Elle montre aussi un portrait vidéo de Modou Fall, célèbre à Dakar pour sa permanente campagne contre la pollution engendrée par les sachets plastiques, l’indiscipline et l’inconscience de certains automobilistes sur les routes, l’encombrement de la voie publique et l’extraction du sable marin par des charretiers.
Mamady Bocoum, le directeur général du Musée des civilisations noires, précise qu’il ne s’agit pas, à travers cette galerie, ‘’de donner des leçons de morale’’. ‘’En revanche, on peut dénoncer des actes pour leur manque de civisme’’, précise t-il.
Parallèlement à ces actes mis en exergue, la galerie propose une lecture de la charte du Mandé pour rappeler, avec ses 44 énoncés ou articles, les dispositions relatives à l’organisation sociale, à la gestion des biens et à la protection de la nature.

