Avec Mame Khary Léye
On le savait ascète, on le savait travailleur, on le savait éducateur. C’était quelqu’un de merveilleux, Serigne Saliou ne mourra jamais, il est comme Serigne Touba. Son esprit vivra à jamais.
L’histoire veut que le fils de Khadimou Rassoul se soit mis dans l’enseignement du Coran et la perpétuation des enseignements de l’Islam et la Sunna du Prophète Mouhammad SWT. Très tôt il se consacra à l’enseignement du Coran et à la tarbiya.
Dès son accession au khilafa de la Mouridiya en 1990, après le bref magistère de Serigne Abdou Khadre, qui avait succédé aussi à Serigne Abdoul Ahad Mbacké, Serigne Saliou a tout de suite donné le ton en précisant de façon claire, la ligne qu’il entend donner à son action à la communauté mouride. En effet, dans son mémorable discours inaugural, il a, d’emblée, indiqué qu’hormis l’islam et par conséquent la gestion de l’héritage de Serigne Touba, rien ne saurait retenir son attention, encore moins de susciter de sa part commentaires ou directives quelconques.
« Borom Diamono » comme on l’aimé l’appelait car il avait fini de faire l’unanimité que Serigne Saliou Mbacké était aimé de tous et de partout et son immense savoir pluridisciplinaires fasciné plus d’eux.
Serigne Saliou Mbacké a vu le jour à Diourbel, en 1915, a fait de l’éducation son occupation continue. De son vivant, il avait implanté 29 daaras à travers tout le pays. Les 14 daaras ont été acquis avant Khelcom qui ne renferme que les 15 autres. En effet, ses daaras où les étudiants travaillent dans les champs éparpillés à travers le pays datent de plus d’un demi-siècle. Dans ses écoles, l’enseignement du Coran et l’éducation religieuse étaient associés au travail pour indiquer qu’il s’agissait d’activités inséparables.
Son passage en tant que Khalife de la Mouridiya et dernier fils de Cheikh Ahmadou Bamba a marqué toute une génération et continue d’inspirer beaucoup car l’homme était un travailleur, un grand producteur d’arachide et un excellent éducateur.
Serigne Saliou Mbacké, dit le milliardaire qui vivait en ascète et le savant qui parlait peu, né à Diourbel en 1915 et décédé à Touba le 28 décembre 2007, est une personnalité religieuse du Sénégal. Il est le 5e khalife des mourides, bénéficiant d’une grande aura dans cette communauté et dans le monde musulman.
Grand producteur, il a réalisé un énorme projet agricole (Khelcom) sur une surface de 45000 ha. Il reprit de nombreux travaux de rénovations aussi bien internes qu’externes de la mosquée et la construction de l’université islamique qu’avait entamée son frère aîné Abdoul Ahad Mbacké.
Il met en œuvre un plan de viabilisation de terrains d’environ 100 000 parcelles et un réseau d’électrification de la ville. De même, des canalisations ont été construites pour une meilleure évacuation des eaux de pluie.
Une anecdote est racontée par Serigne Modou Diaw Pakha, à qui Cheikh Ahmadou Bamba avait demandé d’interpréter le poème Mawahibu nâfihu (ce qu’il fit jusqu’au 53e vers qu’il ne comprenait pas. Il est revenu faire part au Cheikh de son incompréhension et ce dernier de lui dire que s’il essayait jusqu’à l’année suivante, il n’arriverait pas à le déchiffrer).
À l’époque Serigne Saliou avait sept ans et était assis à côté du Cheikh. Serigne Touba de continuer en lui disant : « Modou Diaw, le jour où vous ne me verrez plus, je transmettrai tous mes dons à mon Représentant, obéissez à ses ordres » et il posa sa main sur la tête de Serigne Saliou et dit : «Lin khâdatil udjuru wal ma salihu bi tayyi wal djazbi wa innî salihu ». Ces mots se vérifient aisément lorsque Serigne Saliou a élevé au grade de « Cheikh » Serigne Béthio Thioune alors que Serigne Touba avait dit que « personne n’a le pouvoir d’accéder au monde transcendant où on attribue le grade de « Cheikh ».
Des disciples mourides avancent que cet acte montre que Serigne Saliou est la réincarnation parfaite de Serigne Touba. Son désintéressement vis-à-vis du clinquant de cette vie, laissait comprendre aux gens quelque peu avertis, que tout a une fin, une finitude, ne doit pas être considéré comme durable, réellement. Il avait la plus grande attention pour la famille de Serigne Touba. Jusqu’à son avènement à la tête de la confrérie, il avait régulièrement remis aux différents khalifes l’intégralité du produit de ses champs : il n’a jamais « goûté » à ses récoltes.
Il avait atteint la haute altitude de l’humanisme. Dans l’ ascétisme pur et reconnu, il était d’une vielle et élogieuse pudeur, rappelant des traits de caractère de son admirable Père khadimu Rassul … pic.twitter.com/2rkDJECnMH
— خدم (@Mamekhadiim) December 28, 2022
Ses œuvres
D’abord l’éducation fut son occupation continue et depuis fort longtemps ; ses daaras où les étudiants travaillent dans les champs éparpillés à travers le pays (Ngott, Ndiapndal, Ndiouroul, Ndooka…) datent de plus d’un demi-siècle. Et enfin Khelcom acquis par le sang de beaucoup de villageois le dernier établissement leur a ravi la vedette en raison de ses dimensions. Dans ses écoles, l’enseignement du Coran et l’éducation religieuse étaient associés au travail pour indiquer qu’il s’agissait d’activités inséparables.
Serigne Saliou a fait du mouridisme une voie soufi connue actuellement à travers le monde entier. L’apprentissage du travail chez les jeunes leur confère la conscience qui permet à l’homme de s’accomplir, d’être utile à lui-même et à la communauté. Quant à l’éducation, elle a pour but dans ces daaras de faire connaître aux jeunes disciples le sens de la vie, les règles de comportement dans la société, les normes spirituelles et morales dont l’observation assure à chacun la sauvegarde de son humanité.
L’accent est également mis sur les sciences religieuses car pour Serigne Saliou, la foi en Dieu est la principale dimension de l’homme. Cette entreprise d’éducation, qui s’adressait à des milliers d’élèves était entourée du plus grand soin de la part de Serigne Saliou qui y consacrait d’énormes ressources, donnant ainsi le signe d’un engagement personnel, profond.

