De Youssouf DIMMA, Correspondant de Teranganews à Ziguinchor
Plusieurs dizaines d’agents de la santé membres de l’Union régionale de la coalition des syndicats de la santé « And Guessum » et ceux de l’Intersyndicale des travailleurs des collectivités territoriales de la région de Ziguinchor ont, ensemble, battu le macadam sur plusieurs kilomètres arborant des brassards rouges et brandissant des pancartes pour réclamer de l’Etat leurs alignements salariaux et indemnitaires à tous les niveaux, entre autres. Ils en ont profité pour réclamer des agents assermentés au centre psychiatrique de Kénia qui « se meurt ».
Ces syndicalistes, qui lancent ainsi la première activité de la super-coalition de syndicats mise sur les fonts baptismaux dans la région de Ziguinchor, ont pris départ sur l’esplanade de l’hôpital de la Paix de Ziguinchor pour rallier celle de la gouvernance. En effet, selon leur porte-parole Ousmane Mbaye, « cela a été difficile et long, mais nous avons réussi à mettre en place cette super-coalition pour nous battre ensemble et obtenir des autorités des résultats qui nous sommes communs ».

Pour lui, « nous voulons une harmonisation de toutes les indemnités des travailleurs des collectivités territoriales et de la santé et de l’action sociale parce que des deux côtés, les tutelles n’appliquent pas ce que nous sommes en droit d’attendre et ce qu’attendait d’eux le ministère des finances à savoir de fournir les listes des ayants-droits pour que ces derniers soient payés ».
A l’en croire, « nous ne sommes ni pour la disparité ni pour la ségrégation mais nous voulons que justice soit rendue à tout le monde ».
Ces revendications et plusieurs autres, non évoquées de vive voix, sont consignées sur leurs nombreuses pancartes. Ainsi, l’on peut y lire les inscriptions suivantes : « La restitution des parcelles d’habitas aux agents restants, le transfert de la pension de retraite de l’IPRES au FNR, la prise en charge de la couverture maladie universelle des travailleurs par les maires et les présidents de départements, l’application effectives des organigrammes types des collectivités locales, l’application de la fonction publique locale, revalorisation des salaires des agents municipaux et départementaux, paiement des arriérés et heures supplémentaires des agents municipaux, revalorisation du point indiciaire de 51, 43 à 56,43 soit 5%, paiement des arriérés de primes de risques et de suggestions des agents de la santé, etc. »

Dans un autre registre, les marcheurs réclament, par la voix de Ousmane Mbaye, « l’alignement du centre psychiatrique de Kénia niveau des hôpitaux dignes de ce nom ne serait-ce qu’avec un conseil d’administration et en faire au moins un hôpital de niveau 1 en attendant d’y voir plus dans l’avenir ; ce centre est dépourvu de tout, à la limite il se meurt ; il n’a même pas d’assistant social alors que les patients qu’il accueille viennent non seulement de la région, pas aussi de la Guinée-Bissau et de la Gambie voisines ; il mérite d’avoir au moins un statut digne de cette envergure, c’est que nous réclamons et c’est ce que la population réclame dans cette région ».
La marche a été encadrée par les forces de l’ordre tout au long du circuit.

