De Youssouf DIMMA, Correspondant de Teranganews à Ziguinchor
La célébration de la Journée des forces armées, édition 2022, a lieu ce vendredi 11 novembre 2022 dans l’enceinte du camp militaire Colonel Georges Boissy de Ziguinchor. Elle a été présidée par le gouverneur de la région de Ziguinchor en sa qualité de Chef de l’exécutif et donc représentant du Chef de l’Etat. Il est revenu sur les convoitises autour des forêts de Casamance, rappelant au passage la tuerie de Boffa Bayotte ayant emporté 14 exploitants forestiers en 2018.
Le gouverneur Guédji Diouf a profité de son allocution pour inviter les populations de la région, après avoir rappelé que le thème de la journée célébrée était axé sur « la préservation des ressources naturelles », à « aider les Forces de défense et de sécurité à mieux préserver les ressources naturelles ».
Pour Guédji Diouf, le thème de cette année est, en effet, « un thème d’actualité brûlante et dont l’évocation doit éveiller et susciter à chacun d’entre nous une série de questions voire d’inquiétudes dans cette région qui héberge les plus grandes forêts du pays ; des forêts dont la gestion et la préservation restent une problématique qui doit intéresser et mobiliser tout le monde au regard des convoitises et des incidents souvent malheureux notés à ce sujet avec des conséquences néfastes sur l’environnement et la vie des populations ».
A en croire le Gouverneur Guédji Diouf, « la tuerie de Boffa Bayotte survenue le 6 janvier 2018 et l’incident meurtrier de la MICEGA (la mission de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (MICEGA), Ndlr) en Gambie le 24 janvier 2022, entre autres, tous liés au trafic illicite de bois, ont ému toute la population sénégalaise qui s’est davantage intéressée aux menaces qui pèsent sur nos forêts et aux voies et moyens d’assurer leur protection et survie ».
Rappelant l’exploitation abusive qui est faite des ressources naturelles surtout forestières en Casamance, le gouverneur précisera que : « de l’exploitation artisanale de ces ressources faites avec l’usage du coupe-coupe, de la hache, du vélo et de la charrette, les moyens mis en œuvre par les trafiquants ont évolué progressivement vers les tronçonneuses de grande capacité, les tracteurs, les camions et les grues ».
Ce qui fait que « les enjeux sécuritaires liés au trafic justifient largement l’implication de l’armée, de la gendarmerie et de toutes les autres forces de défense et de sécurité ».
Dans cette lutte contre le trafic illicite de bois qui décime la forêt Casamançaise, les Présidents Macky Sall et Adama Barrow lors d’un dernier conseil présidentiel sénégalo-gambien, « le Sénégal exerce désormais un droit de poursuite en Gambie contre les coupeurs de bois clandestins qui opèrent en Casamance. »
A ce jour selon des chiffres près de la Casamance a perdu plus de 10 mille hectares de forêt en raison de l’abattage illégal. Alors qu’elle s’étend sur 30 mille ha avec des espèces rares.

