Selon les projections de l’ONU, le nombre d’êtres humains sur Terre atteindra ce mardi les huit milliards, plus de trois fois plus qu’en 1950. La population mondiale va continuer de croître, mais plus lentement qu’avant.
A partir de ce mardi, le nombre d’êtres humains franchira le cap des huit millards, selon les projections de l’ONU. Autrement dit, plus de trois fois plus que les 2,5 milliards de 1950.
Il aura fallu précisément 12 ans pour que nous passions de 7 milliards à 8 milliards. Lors de l’an 2000, la population mondiale n’était que de 6,1 milliards. En 1974, nous étions 4 milliards. Le chiffre a donc doublé en cinquante ans.
Comment expliquer l’augmentation d’un milliard d’humains et d’humaines en à peine plus d’une décennie ? La réponse, dit l’ONU, est à trouver du côté d’une autre augmentation : celle de la longévité. « Cette croissance sans précédent est due à une augmentation graduelle de la durée de vie humaine grâce à l’amélioration de la santé publique, de la nutrition, de l’hygiène personnelle et de la médecine. » Ce à quoi s’ajoute les « niveaux élevés et persistantes de fécondité dans certains pays.»
Les chiffres mondiaux masquent une immense diversité démographique. Ainsi, plus de la moitié de la croissance de la population d’ici 2050 viendra de seulement 8 pays selon l’ONU : République démocratique du Congo, Egypte, Ethiopie, Inde, Nigeria, Pakistan, Philippines et Tanzanie.
Ce chiffre, élevé, pourrait faire peur. Mais Natalia Kanem, directrice exécutive du Fonds des Nations unies pour la population, se voulait rassurante le mois dernier lors d’une conférence de presse : « Certains s’inquiètent du fait que notre monde soit surpeuplé, avec beaucoup trop de personnes et des ressources insuffisantes pour assurer leur subsistance. J’affirme ici clairement que le simple nombre de vies humaines n’est pas une cause de crainte. » Une phrase qui se veut tranquillisante… mais manque légèrement d’argumentation.
« Ce cap est l’occasion de célébrer la diversité et les avancées tout en considérant la responsabilité partagée de l’humanité envers la planète », avance quant à lui Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies.
La croissance démographique s’est concentrée dans les pays aux plus faibles revenus — notamment en Afrique subsaharienne, relève l’ONU. Attention toutefois aux idées reçues quant à l’impact environnemental de ces pays. Certes, une croissance démographique rapide et soutenue « peut contrecarrer la réalisation des objectifs de développement durable », mais l’organisation nuance : « Les pays où la consommation de ressources matérielles et les émissions de gaz à effet de serre par habitant sont les plus élevées sont généralement ceux où le revenu par habitant est le plus élevé, et non ceux où la population augmente rapidement. »
L’ONU note cependant qu’une croissance démographique moins soutenue dans les prochaines décennies « pourrait contribuer à atténuer la poursuite de l’accumulation des dommages environnementaux », une atténuation nécessaire pour attendre les objectifs de l’accord de Paris contre le changement climatique .
La prochaine étape logique est celle des 9 milliards de personnes sur notre planète. Faudra-t-il à nouveau 12 petites années pour franchir ce cap ? L’ONU projette ce chiffre plutôt pour 2037 — donc d’ici à 15 ans. C’est un signe « que le taux de croissance de la population mondiale est en train de ralentir », relève l’organisation.

