Lundi 26 septembre, le Sénégal commémore le naufrage du Joola, une des plus grandes catastrophes de la navigation civile. 20 ans après pourtant, le mémorial-musée n’a toujours pas ouvert ses portes à Ziguinchor.
Coincé entre une rue bruyante et le paisible fleuve Casamance, le mémorial-musée de Ziguinchor qui a commencé à être érigé en 2020, devrait être terminé en décembre prochain. Malgré les retards, Elie Diatta, frère d’un naufragé et membre de l’association national des familles des victimes, est tout de même satisfait que cet immense bâtiment commence à sortir de terre.
« Ça permettra à la nouvelle génération qui ne connaît pas le Joola de savoir qu’il y a eu une catastrophe pire que le Titanic ici aussi au Sénégal. Et dans l’histoire du Sénégal, il y a un pont noir qui s’appelle le Joola. Si le Joola était enseigné dans les écoles, les universités, un peu partout, la génération présente pourrait s’emparer de cette histoire, et ce n’est pas le cas », regrette t-elle.
Concernant le contenu, rien de concret n’a été décidé, pour le moment. Selon le Ministère de la Culture, un comité scientifique et technique travaille à partir de documents pour « construire un discours scénographique cohérent ». Un travail qui n’inclut pas suffisamment les familles de victimes ou les rescapés, qui sont pourtant les premiers concernés, revendique Elie Diatta.
« Le mémorial doit pouvoir contenir les reliques du Joola, il faut que le renflouement soit fait. Ça peut être la barre, ça peut être la cloche. Il y a des éléments importants dans le Joola, les hélices de l’épave qu’on pourra sortir de l’épave et apporter ici », évoque Elie Diatta.
Ce mémorial est aussi une manière de lutter contre l’oubli que redoute Kadidiatou Diop, fille d’une victime. Entre ses mains, elle tient tendrement une photo de sa maman, Fatou Tinor Diedhiou. « À chaque fois qu’on parle du bateau le Joola, je sens que j’ai besoin de voir cette photo, me rappeler la personne que j’ai perdue dans le bateau. C’est pour cela que je pense qu’il faudrait qu’ils mettent les photos auprès des noms des victimes. Vous irez au mémorial, il y aura les noms, il y aura les photos », confie-t-elle, selon RFI.

