Le Colonel Abdoulaye Maiga, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation et porte-parole du gouvernement, est nommé Premier ministre par intérim. Choguel Maiga, le PM, est dit avoir été mis au repos forcé par ses médecins.
L’annonce a été faite dimanche soir sur les ondes de l’ORTM, la radiotélévision d’État. Cela fait à présent dix jours que le titulaire du poste, Choguel Maïga, est hospitalisé dans une clinique de Bamako. Mis au « repos forcé », selon les autorités maliennes de transition, « après quatorze mois de travail sans répit », le chef du gouvernement aurait fait un AVC ou un malaise cardiaque, selon certaines sources. Déjà ministre de l’Administration territoriale et porte-parole du gouvernement depuis décembre 2021, le colonel Abdoulaye Maïga, qui assure à présent son intérim, est devenu en quelques mois une figure bien connue des Maliens.
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— LSI AFRICA (@lsiafrica) August 21, 2022
Un militaire réputé proche du président
Le colonel Maïga est un colonel de gendarmerie, il n’est pas membre de la junte du CNSP qui a pris le pouvoir il y a deux ans, et qui est aujourd’hui officiellement dissoute, mais il est réputé proche du président de transition, le colonel Assimi Goïta.
Après des études militaires au cours desquelles il a d’ailleurs côtoyé certains des colonels putschistes, Abdoulaye Maïga a étudié la diplomatie et le droit international à Alger. Il a surtout enchaîné les formations en France – ce qui est évidemment cocasse aujourd’hui vu les relations entre les deux pays – : politiques de défense et sécurité internationale à Paris et à Lyon, mais aussi droit de l’homme et droit humanitaire à Évry. Il a aussi commencé un doctorat en droit des affaires. Surdiplômé, le colonel Maïga n’est pas un homme de terrain, mais plutôt un expert des questions de sécurité et de gouvernance. Il a écrit une thèse sur « la crédibilité de la Cédéao » pour assurer la paix et la sécurité.
Surtout, le colonel Abdoulaye Maïga a travaillé au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest – à la direction Alerte précoce sur la prévention du terrorisme et des Nations unies – comme officier de police de la Monusco, la mission onusienne en RDC, deux organisations avec lesquelles les autorités maliennes de transition ont été en conflit ces derniers mois. Le colonel Abdoulaye Maïga a d’ailleurs eu contre ses anciens employeurs des mots parfois violents : la Cédéao a, par exemple, été accusée d’être « injuste » et « inhumaine » lorsqu’elle a imposé, entre janvier et juillet dernier, des sanctions économiques au Mali pour accélérer le retour à l’ordre constitutionnel. Le colonel Maïga a aussi servi au sein de l’Union africaine.
Avec RFI

