De Youssouf DIMMA correspondant de Teranganews à Ziguinchor
Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Ziguinchor a fait face à la presse de son ressort judiciaire pour s’exprimer sur le décès très médiatisé d’Idrissa Goudiaby, le conducteur de taxi ayant perdu la vie, dans la ville éponyme, en marge des manifestations interdites organisées le 17 juin dernier par l’inter-coalition Yewwi Askan Wi ( YAW) – Wallu Sénégal ( Wallu). M. Papa Ismaïla Diallo en a profité pour annoncer qu’ »une troisième et dernière expertise » sur le corps d’Idrissa Goudiaby s’imposait pour » un arbitrage car la différence est notoire entre les deux premières » .
A la lecture du texte liminaire qu’il a préparé à cette occasion, le procureur a d’abord rappelé les dispositions de loi l’autorisant es-qualité, à prendre la parole dans le cadre d’un point de presse, pour lever un coin du voile sur cette affaire actuellement en instruction. Il s’agit, selon lui, de l’article 1er alinéa 3 du code de procédure pénale (CPP).
A l’en croire, en sus, » l’article 11 alinéa 3 du même code dispose : pour prévenir la propagation d’informations parcellaires ou inexactes ou pour mettre fin à un trouble à l’ordre public, le procureur de la République peut, en relation avec sa hiérarchie, rendre publics par un point de presse, des éléments objectifs dûment tirés de la procédure ne comportant aucune appréciation sur le bien-fondé des indices et charges retenus contre les personnes mises en cause ».
Le procureur a, ensuite, prévenu que , cette fois-ci, » le principe du secret de l’enquête et de l’instruction sera levé un tant soit peu afin d’éclairer l’opinion au sujet de cette affaire ».
Il a rappelé les circonstances dans lesquelles le commissaire central de Ziguinchor, Ibrahima Diallo, présent d’ailleurs à côté de lui dans la salle, a été informé le jour du drame, de la mort violente d’Idrissa Goudiaby.
Pour lui, toutes les dispositions du code de la famille, surtout les articles 73 et 74, ayant prévu l’attitude des autorités notamment de l’officier de police judiciaire, ont été respectées après le constat du décès et le dépôt du corps à la morgue du centre hospitalier régional de Ziguinchor. Un corps portant, selon le constat des enquêteurs, » une blessure béante du côté droit du coût ».
A l’en croire, » le rapport d’expertise médico légale établi le 19 juin avait conclu à une infiltration hémorragique dans les tissus cellulaires sous -cutanés et les muscles latéraux cervicaux droits, un plaie pénétrante sous mandibulaire qui communique avec la cavité buccale. La glande sous maxillaire est atteinte, les autres viscères du cou sont intacts; il est retrouvé comme corps étranger intra-tissulaire des fragments d’os et de dents. Il n’y a pas d’orifice de sortie, il n’y a pas de lésion traumatique du rachis cervical ».
Pour lui, ‘ ces résultats avaient été contestés par la famille du défunt » qui lui ont demandé, par le biais de leurs conseils, la réalisation d’une contre expertise, le 30 juin 2022. Au final, c’est sur sa saisine de le président de l’ordre national des médecins lui a proposé deux médecins légalistes qui seront chargés de l’autopsie en la présence de celui choisi par la famille d’Idrissa Goudiaby.
Ainsi, » la contre expertise réalisée le 18 juillet 2022 constatait en son rapport : une plaie longitudinale à bord contu a l’emporte pièce reconstituable, légèrement oblique en haut et en arrière de la région parotido- masseterique droite basse se prolongeant dans la région de la loge parotidienne de 80 millimètres de long profonde communiquant avec la cavité buccale et se prolongeant en endobuccal déterminant un trajet équimotique vieilli le long de la joue droite et se terminant au niveau de la commissure labiale droite. Cette plaie se prolonge à sa moitié par une incision de 50 millimètres verticale correspondant à l’incision effectuée par les chirurgiens lors de l’admission. La réalisation d’un masque facial montre un orifice d’entrée endobuccal et un orifice de sortie massetero- parotidien droit avec des fracas de la mandibule droite et projection postérieure des fragments osseux. Toutes constatations compatibles avec une plaie par arme à feu à direction anthropostérieure à orifice d’entrée endobuccal droit et orifice de sortie massetero-parotidien ipsilatéral ».
Le procureur a ajouté que cette contre-expertise a retenu qu’Idrissa Goudiaby a été tué » par arme à feu de gros calibre utilisée à distance » soit » ni à bout portant ni à bout touchant ».
Par conséquent, pour lui, » il existe des différences notaires » entre les deux expertises.
Et puis, il a précisé que » l’enquête judiciaire en cours a permis l’audition de cinq (5) témoins oculaires dont les quatre (4) confirmant la thèse de la mort par balle réelle n’ont pas été en mesure de donner des indications sur l’identité du tireur et ils ont tous confirmé que le défunt avait été touché au coup »
M. Papa Ismaïla Diallo a déclaré que sachant qu’aucun élément de la procédure ne doit être négligé pour la manifestation de la vérité des faits, et qu’en vertu de l’article 417 du CPP … il tiendrait alors compte des deux rapports d’expertise. Dans le cadre de l’enquête » les médecins ayant reçu Idrissa Goudiaby vivant seront auditionnés tout comme tout sachant y compris les experts si cela s’avère nécessaire. »
Et de conclure » qu’une nouvelle et dernière expertise s’impose car au regard des contradictions entre experts… un arbitrage doit nécessairement être fait afin que tout le monde soit définitivement édifié ».

