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RDC : Saccages de plusieurs de ses installations à Goma, la Monusco dénonce l’assaut contre ses sites

Au moins 5 morts, une cinquantaine des blessés pour le premier jour des manifestations contre la Monusco à Goma au Nord Kivu, en République démocratique du Congo, à la suite notamment des discours et appels hostiles à la mission onusienne, lancés ces dernières semaines par certaines personnalités politiques et groupes sociaux dans le pays.

Plusieurs bases et sites de la MONUSCO ont été pris pour cible. Le quartier général de la MONUSCO, par exemple, a été en partie saccagé, et plusieurs outils de travail pillés.

Cet appel, à manifester contre l’inefficacité de la force onusienne qui compte au moins 14 000 casques bleus a été fortement suivie par la population.

Les grandes artères de Goma ont été barricadées. Le siège local de la mission onusienne ainsi que sa base logistique située hors du centre de la ville ont été pris d’assaut. Des agents de la Monusco présents sur le site ont été évacués à bord de deux hélicoptères.

La police onusienne a usé de bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants avant l’intervention des militaires des Forces armées de la RDC. Plusieurs manifestants ont été interpellés.

Le gouvernement congolais a condamné toutes forme d’attaques contre le personnel et les installations des Nations Unies, il promet de poursuivre et de sanctionner les responsables.

Le 15 juillet dernier à Goma, le président du Sénat Modeste Bahati avait demandé, lors d’un meeting, à la Monusco de plier bagages pour n’avoir pas pu imposer la paix dans la partie orientale de la RDC.

Dimanche, le maire de Goma, le commissaire supérieur principal François Kabeya, avait interdit toute manifestation non autorisée. Il avait demandé aux services de l’ordre et de sécurité de tout mettre en œuvre pour contrecarrer toute éventuelle manifestation publique, car non autorisée.

La Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) a dénoncé, lundi, l’attaque contre ses locaux à Goma, dans le Nord-Kivu, perpétrée par des manifestants violents qui protestaient contre la mission.

« La Mission est très préoccupée par ce très grave incident qui intervient au lendemain de propos hostiles et de menaces non voilées émis de la part d’individus et groupes à l’encontre des Nations unies », souligne un communiqué de la mission.

« La MONUSCO rappelle que ses locaux sont inviolables en vertu de l’Accord sur le statut des Forces entre les Nations unies et le Gouvernement de la République démocratique du Congo (SOFA), ainsi que la Convention sur les privilèges et immunités des Nations unies de 1946 », souligne-t-on encore.

La manifestation avait été organisée à l’appel des organisations de la société civile et du parti au pouvoir, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Le Représentant spécial adjoint en charge des opérations et chef de mission par intérim, Khassim Diagne a appelé à l’apaisement et à la retenue. « Les incidents de Goma sont non seulement inacceptables mais totalement contreproductifs », a-t-il déclaré. « Ce n’est pas dans le chaos et la confusion ou la division que nous ferons des avancées vers la stabilisation et la paix », a ajouté Diagne

La MONUSCO invite les autorités congolaises, les acteurs politiques, la société civile et toutes les forces vives de la RDC à « dénoncer ces actes de pillage ».

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Khadim FALL