Dans le département de Kébémer (Louga), les pêcheurs artisanaux de Lompoul-sur-mer réclament à l’Etat une indemnisation après la destruction de leur matériel, d’une valeur de 200 millions de Francs CFA, par des bateaux étrangers opérant dans des zones interdites à la pêche.
Mardi 19 juillet, le Secrétaire général adjoint du Comité local de pêche artisanale expliquait de Lompoul-sur-mer, Aliou Bayel Sow : ’’Avant la tabaski, nous avions appréhendé un bateau étranger et son capitaine. Le pêchait dans une zone interdite. Ils ont détruit les filets de pêche de près de 100 pirogues. Les dégâts matériels causés sont évalués à près de 200 millions de Francs CFA ».
Lors d’une rencontre d’échanges entre les acteurs de la pêche artisanale du Sénégal sur les difficultés auxquelles fait face la filière, il a souligné que « les pêcheurs concernés attendent, depuis plus de trois semaines, à être indemnisés’’.
’’L’année dernière, nous avions vécu la même situation et le ministre de tutelle est venue nous rencontrer, mais cette fois, il n’en est rien. La pêche artisanale file droit vers sa perte. Si cette situation n’est pas maîtrisée, cela va pousser la jeunesse sénégalaise vers l’immigration clandestine », a-t-il averti.
’’Nous avons constaté qu’à Lompoul, les bateaux viennent pêcher jusqu’à quatre kilomètres de la plage alors qu’ils leur a été demandé de ne pêcher qu’à partir de 12 km de la plage. Ils violent en permanence la zone de pêche réservée à la pêche artisanale. Et ils attendent la saison de pêche, la période où il y a le plus de poissons (février -juillet) pour venir piller nos ressources, détruire nos filets et causer souvent des accidents mortels », a-t-il déploré, selon Aps.
Selon Aliou Bayel Sow, les pêcheurs de Lompoul-sur-mer « utiliseront tous les moyens possibles pour ne plus laisser aucun bateau étranger pêcher » dans leurs eaux.
’’Nous demandons à l’Etat du Sénégal de prendre en charge le secteur de la pêche. Cette situation doit être réglée au plus vite. Il faut veiller à ce que les bateaux étrangers ne viennent pas pêcher sur Lompoul, en organisant des patrouilles », a-t-il suggéré.
Ces pêcheurs ont brandi la menace du ’’vote sanction’’ contre le gouvernement lors des élections législatives du 31 juillet si ce problème n’est pas réglé.

