De Adama Séne correspondant de Teranganews à Saint-Louis
A l’instar de la communauté internationale, le Sénégal a célébré la journée mondiale sans tabac. La section régionale a saisi l’occasion pour déplorer le nombre de fumeurs surtout chez les plus jeunes saint-louisiens qui ne cesse de grimper. Les anti-tabac de la zone Nord ont invité les populations à adhérer au combat pour la préservation de l’environnement. Pour Zayir Fall et ses amis, le tabac est un produit doublement nocif pour l’homme et son environnement.
A Saint-Louis, la préservation de l’environnement a été au centre des échanges marquant la célébration de la journée mondiale sans tabac. Pour les responsables de la ligue sénégalaise de lutte contre le tabac/ section Saint-Louis, le thème de l’édition 2022 colle aux réalités du moment. A en croire le point focal régional de la LISTAB, beaucoup de recherches et d’études scientifiques ont montré que le tabac est une véritable menace pour l’environnement. « Le combat est sanitaire mais également écologique. Puisque le tabagisme occasionne des dommages environnementaux et des pollutions incommensurables de l’eau, de l’air et de la terre. Chaque année, 4,5 billions de mégots de cigarettes sont jetés dans la nature. Soit près de 600 millions d’arbres abattus annuellement par l’industrie du tabac. Malheureusement la moitié de ces arbres transformés en papier pour emballer le tabac finissent dans des décharges, l’autre moitié se retrouve dans le sol, les lacs, les océans et les forêts. Ce qui est catastrophique pour notre environnement », a déploré Zayir Fall. Une catastrophe sanitaire et environnementale mondiale dont le Sénégal n’est pas épargnée.
Selon le point focal des anti- tabac de la région de Saint-Louis, au Sénégal plus de 200 tonnes de mégots de cigarettes sont jetés dans la nature par les fumeurs chaque année. Avant de signaler que des chiffres alarmants ont montré que le nombre de fumeurs continue d’augmenter dans la région Nord. « Malgré nos campagnes de sensibilisation sur les dangers du tabagisme, nous avons constaté que le nombre grimpe encore. Mais ce qui nous préoccupe le plus dans la lutte, c’est l’impressionnant e nombre de jeunes fumeurs qu’on découvre. Ce que qui prouve qu’il nous reste encore du chemin pour vaincre ce fléau et les firmes de cigarettes qui utilisent toujours de grands moyens et beaucoup d’astuces pour atteindre leurs objectifs. Mais nous n’allons pas baisser les bras. Avec le peu de moyens dont nous disposons, la section régionale de la LISTAB va continuer la sensibilisation pour renverser la tendance » a expliqué M. Fall.
Raison pour laquelle, a-t-il poursuivi, la communauté mondiale et la société civile doivent redoubler d’efforts pour mettre en œuvre les articles 17 et 18 du cadre de la CCLAT de l’OMS pour la protection de l’environnement et de la santé des personnes en ce qui concerne la culture et la fabrication du tabac au sein de leurs territoires respectifs.
Une occasion que l’Etat du Sénégal devrait saisir pour prendre ses responsabilités afin que la loi anti-tabac soit appliquée dans toute sa rigueur. « Malgré la volonté politique notée et affichée et proclamée partout il y a quelques années, aujourd’hui la société civile note avec une grande inquiétude et un recul par rapport la mise en œuvre de la loi antitabac. Certains textes règlementaires qui doivent régir et renforcer les dispositions juridiques et complémentaires de la loi sénégalaise contre le tabac ne manquent d’être concrétisés sans qu’aucune autorité ne puisse en donner les raisons véritables, réelles ou profondes » s’est désolé Zayir Fall.
Avant d’ajouter que le non-respect des dispositions de la loi antitabac est aujourd’hui connu de tous. Donc le gouvernement du Sénégal, a-t-il conclu, doit prendre ses responsabilités face aux milliers de décès liés au tabac.
Au Sénégal, alors qu’environ 11 % des hommes se déclarent fumeurs, c’est le cas de seulement 0,4 % des femmes, selon une enquête menée en 2015 par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS). On est bien loin de la prévalence globale du tabagisme dans le monde (environ 25 % chez les hommes et 5 % des femmes selon une étude publiée en avril dernier dans The Lancet), ou de celle de certains pays d’Asie (autour de 60 % chez les hommes en Indonésie et en Chine).

