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“Cas d’école du CORED”-Traitement du fais divers : Ce genre journalistique ne doit pas être laissé à des “mains inexpertes”

Une rencontre s’est tenue dans le cadre des ’’cas d’école du CORED’’, le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias, mercredi 22 juin.
Le CORED explique que l’objectif visé à travers ces rencontres périodiques “est de partir d’exemples concrets où la presse a failli en termes d’éthique et de déontologie pour sensibiliser le monde des médias sur les bonnes pratiques à adopter à l’avenir”. Cette rencontre porte sur le traitement médiatique des faits divers au Sénégal.
Le fait divers, jadis réservé à la presse écrite, est de plus en plus présent dans les supports de diffusion audiovisuels, suivant “un glissement” constaté depuis quelques années, a fait observer le journaliste et chroniquer judiciaire, Daouda Mine.
Ce genre longtemps considéré comme inclassable dans les rubriques classiques d’un journal (politique, société, économie, culture), était réservé aux nouveaux venus dans la profession, appelés à traiter de sujets relatifs aux “chiens écrasés”. Les rubriques dans lesquelles ces sujets sont traités relatent souvent des faits tragiques, comme des accidents, meurtres, vols ou des scandales, rappelle Daouda Mine, par ailleurs président de la commission de distribution de la carte nationale de presse. Il relève que le traitement des faits divers ’’impose le devoir de s’initier au langage de la justice’’, afin de mieux maîtriser les concepts employés. Il faisait allusion à l’usage souvent inapproprié de certains mots comme assassinat, vol, enlèvement, meurtre, homicide, escroquerie ou abus de confiance.
Daouda Mine conseille aux étudiants et autres chroniqueurs judiciaires de “toujours éviter les connotations ethniques’’ ou de trop s’attarder sur les ’’descriptions très détaillées’’ pouvant verser dans le ’’voyeurisme’’.
Abdou Razack Ndiaye, le journaliste à la retraite a pour sa part insisté sur l’importance des sources dont la qualité devrait permettre au journaliste traitant de fait divers, de pouvoir ’’détecter le fait et se soustraire autant que possible de l’influence des parties impliquées” dans une affaire.
Youssoupha Ndiaye, secrétaire général de l’Union des magistrats du Sénégal, estime lui que ’’le traitement des faits divers appelle à beaucoup de responsabilités’’. Le magistrat dit également constater ’’un manque de maîtrise dans l’utilisation de la terminologie juridique ainsi que dans l’emploi des grades et appellations’’. Selon lui, ces limites sont imputables à “l’absence de formation continue’’, un constat propre à toutes les professions.
“Le fait divers est un genre journalistique requérant du sérieux et dont le traitement ne devrait pas être laissé à des mains inexpertes”, ont-ils concluent.

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Mame Khary Leye