Les médias sont confrontés à la problématique des « fake-news » (fausses informations distillées intentionnellement à travers les canaux d’information). Ce nouveau phénomène impacte les sociétés et leurs institutions. En effet, il est courant pour le journaliste de se retrouver avec des déclarations publiques (hommes politiques, leaders syndicaux, spécialistes, leaders de la société civile…) qui suggèrent une vérification des faits aux fins de servir la vérité au public qui, lui, n’a en général pas les outils nécessaires pour cela.
Partage de la plateforme #LEXOTA et réflexion des participants sur ce que devrait être le rôle des médias et des OSC dans la lutte contre la désinformation avec des recommandations clés émises @GlobalPartnersD @CHR_HumanRights @KathrynTDoyle @JeanneIreneN1 @PROTEGEQV @cipesaug pic.twitter.com/QZPAT60m6g
— ARTICLE 19 Sénégal (@article19wafric) May 18, 2022
Ainsi pour permettre aux professionnels de l’information de ne pas tomber dans le piège des fausses informations, Article 19 a décidé d’outiller les journalistes à cerner ce phénomène à travers un atelier organisé hier mercredi 18 mai destiné au renforcement de capacités sur la problématique de la désinformation et de l’impact des réponses à ce phénomène social sur les droits humains en particulier la liberté d’expression en Afrique au sud du Sahara autour du thème : « promouvoir des approches respectueuses des droits humains dans la lutte contre la désinformation ».
L’objectif de la formation initiée par Article-19, vise à renforcer la capacité professionnelle des participants dans la détection et la lutte contre les fausses informations, mais aussi de développer la capacité d’examiner les législations et les politiques relatives à la désinformation sous l’angle des droits de l’homme afin d’encourager les décideurs politiques à adopter les lois et règlements dans la lutte contre la désinformation. L’événement a regroupé la société civile et des journalistes, des enseignements ont été donnés par Jeanne Irène Nguidjoi, chargée de programmes Senior à Article 19.

Selon Jeanne Irène Nguidjoi, chargée de programmes Senior à Article 19, » la COVID-19 a incité certains gouvernements à adopter des mesures d’urgence qui criminalisent la désinformation liée à la pandémie. Ces mesures, prises par les gouvernements au sud du Sahara pour lutter contre la désinformation ne sont pour la plupart pas conformes aux normes internationales relatives aux droits humains, en particulier le droit à la liberté d’expression. » Face à cette affluence des lois visant à lutter contre la désinformation et dont la principale conséquence est la restriction de la liberté d’expression, on note un certain déficit dans la mise en place de plaidoyers stratégiques et concertés des acteurs de la société civile et des médias, tant au niveau national que régional pour inciter les gouvernements des pays où les lois et les politiques nationales sont extrêmement restrictives à adopter une approche plus sensible au respect des droits humains », a expliqué la chargée de programmes Senior à Article 19.
Au sortir de l’atelier les participants pourront avoir : « la liberté de l’Internet en Afrique subsaharienne les évolutions politiques en matière de désinformation, renforcer leur capacité à s’engager plus efficacement dans les processus nationaux et régionaux, et à influencer les processus nationaux et régionaux identifiés au profit de la promotion d’approches respectueuses des droits de l’homme dans la lutte contre la désinformation ».
Échanges fructueux avec les participants qui échanges sur des cas de désinformation et de mésinformation suite à la présentation de la session 1 qui parle des terminologies qui accompagnent le terme désinformation pic.twitter.com/ZjV2TCG0qe
— ARTICLE 19 Sénégal (@article19wafric) May 18, 2022
Selon toujours Mme Nguidjoi, « une série d’ateliers qui seront organisés dans 5 pays de la sous-région à savoir le Sénégal, la Gambie, la Côte d’Ivoire, le Niger et le Bénin pour accroître la sensibilisation des défenseurs des droits humains, des journalistes et d’autres acteurs de la société civile aux réponses politiques et législatives à la désinformation dans leur propre contexte. Mais aussi « de construire un réseau d’acteurs de la société civile, des journalistes et acteurs des médias et défenseurs des droits humains qui puisse porter le plaidoyer en faveur de lois et de politiques anti-désinformation respectueuses des droits de l’homme dans la région de l’Afrique de l’Ouest en vue de garantir la liberté d’expression, l’accès à l’information, la transparence et la redevabilité », a-t-elle affirmé.

Le projet est axé sur quatre principaux objectifs à savoir : l’accompagnement d’activités conçues afin de garantir la réalisation à savoir : l’établissement et l’alimentation en ressource interactive les acteurs de la liberté de l’Internet, le Renforcement des capacités de tous les acteurs au niveau national (média, société civile, autorités locales, etc.), influencer les résultats des processus d’élaboration de politiques régionales en matière de désinformation.

