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Procès de Boffa-Bayotte : la réclusion criminelle requise contre les accusés, verdict attendu le 13 juin 

De Youssouf DIMMA correspondant de Teranganews à Ziguinchor

Les différents verdicts attendus du procès des prévenus dans le cadre du massacre de 14 exploitants forestiers le 6 janvier 2018 dans la forêt du Bayotte Est, seront connus le 13 juin 2022. C’est la décision prise par la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Ziguinchor, après une audience fleuve de 3 semaines. Si les rescapés et parents des victimes qui sont constitués en parties civiles n’ont pas pris la parole au sortir de l’audience, les parents des accusés ont, eux, déclaré que ce délai était trop loin.

En effet, selon l’imam Mamadou Lamine Fakéba Diémé, imam Ratib de Toubacouta, « le délai du 13 juin 2022 est trop long pour des pères de familles, surtout à cette période de jeûne du mois de Ramadan, attendre encore deux mois. Vous voyez comment les villageois sont venus très nombreux. Cela signifie que tout le village est concerné par ce procès. C’est comme si tous les villageois étaient venus aujourd’hui assister à ce procès, comme s’ils attendaient le verdict ».

Le verdict, voire les verdicts, puisqu’ils devraient être nombreux vu le nombre d’accusés devant la barre, à savoir une quinzaine, chacun répondant d’un paquet de chefs d’accusations, ne devrait pas tombé avant le 13 juin 2022 tel que décidé par le président de la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Ziguinchor suite à une plaidoirie fleuve de Me Ciré Clédor Ly, qui était à la barre pendant près de 5 heures d’horloge. A cause de cette très longue plaidoirie, justement, l’audience du jour ayant débuté à 9 h s’est terminée vers les coups de 23 heures.

A l’en croire, « pendant tout le temps que l’audience de ce dernier jour a duré, nos parents n’ont cessé d’appeler pour s’enquérir de l’issue du procès, à l’heure-là ils ne sont pas encore au lit ; ce procès qui nous préoccupe tant ; le 13 juin est la date choisie, nous n’y pouvons rien même si nous estimons que cela est une date trop lointaine. N’empêche, nous demandons à l’Etat de faire tout ce qu’il est possible de faire pour que l’issue soit favorable aux populations ».

Pour sa part, Tamsir Bodian, jeune frère de l’accusé Oumar Ampoï Bodian, a déclaré qu’« il y a une toute petite déception dans notre famille ; nous pensions qu’ils allaient rendre le verdict dans une voie deux semaines, mais ils l’ont finalement fixé au 13 juin, une date un peu lointaine, mais puisque le procès s’est déroulé dans de bonnes conditions, nous pouvons le qualifier de procès équitable et c’est ce dont on se réjoui en attendant le verdict ».

Pendant ce marathon judiciaire, beaucoup d’avocat de la défense ont pointé du doigt la procédure, dénoncé la torture et l’extorsion des aveux aux prévenus par des méthodes violentes, Me Ciré Clédor Ly a fait cas d’« atteinte à la dignité humaine lors de l’enquête préliminaire et d’absence de visite sur les scène du crime », au moment où leurs confrères des parties civiles n’y voient aucune faille. Cette dernière position est aussi celle du procureur de la République qui a même félicité les juges d’instruction et les agents publics chargés de l’enquête préliminaire.

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Khadim FALL