Le 9ème Forum mondial de l’eau qui se tient à Dakar a servi de tribune au Président Macky Sall pour lancer un appel pour l’intégration de l’Union africaine dans le G20. Le Chef de l’Etat par ailleurs président en exercice de l’Union africaine a fait cette recommandation lors de son discours d’ouverture du Forum devant un parterre de présidents et de dirigeants d’institutions internationales.
Pour le président de la République, « compte tenu des enjeux globaux qui s’attachent à ces problématiques et à bien d’autres préoccupations mondiales, il lui semble nécessaire que le G20 élargisse sa composition. « L’Union africaine pourrait ainsi en devenir membre. N’oublions pas, en effet, que l’Afrique compte plus d’un quart de pays membres des Nations unies, 30 millions de Km2, 1,4 milliard d’habitants, et forme, ensemble, la huitième économie mondiale. Il n’y a rien de mieux qu’une approche inclusive pour traiter de problèmes globaux », soutient le chef de l’Etat.
« C’est, enfin, le sens de l’initiative sénégalaise d’inscrire dans l’agenda du Conseil de Sécurité des Nations Unies, pour la première fois en avril 2016, la thématique eau, paix, sécurité, lors de son mandat au Conseil. Nous avions voulu contribuer à la prise de conscience internationale sur les risques élevés de conflits liés à l’eau au 21ème siècle. De la même manière, je crois que le moment est venu pour qu’une instance comme le G20 prête attention aux problématiques liées à l’eau, à l’image de ce que fait la Banque mondiale, depuis des décennies », a-t-il déclaré.
Revenant sur le thème du Forum, me président en exercice de l’Union africaine de souligner « l’eau est une nécessité vitale, un besoin spirituel et économique. Elle est ainsi au commencement et à la fin de la vie. « L’occasion nous est ainsi donnée de poursuivre la prophylaxie des tensions autour de l’eau par le dialogue et la concertation, au sein et entre les pays. C’est un impératif vital qui nous engage tous : Gouvernements, institutions internationales, organismes de bassins, élus locaux, parlementaires, secteur privé, société civile, et citoyens », ajoute le Président Sall.
Macky Sall précise en outre que l’objectif de développement durable n°6 sur l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement les y oblige. En ce qui le concerne le Sénégal, il relève entre autres la réalisation de près de 2 100 forages et plus de 670 châteaux d’eau, la mise en service d’une troisième usine de traitement d’eau potable, la construction en cours d’une première unité de dessalement de l’eau de mer. Il y a également la densification des réseaux de transport et de distribution d’eau et l’intensification des travaux d’assainissement.
Au-delà de la réalisation d’infrastructures publiques, il renseigne que l’atteinte de l’ODD6 requiert un engagement individuel et collectif plus soutenu contre le gaspillage industriel et domestique de l’eau, et pour une agriculture irriguée plus respectueuse de l’environnement. En outre, précise-t-il, il convient de promouvoir davantage l’échange d’expériences et l’innovation scientifique et technologique pouvant aider à une utilisation optimale de l’eau.
C’est le sens, a-t-il dit, d’appartenance du Sénégal à deux organismes de bassin : l’OMVS et l’OMVG, créées respectivement en 1972 et 1978, et dont les pays membres coopèrent de façon concertée, à travers des activités et infrastructures communes de développement. C’est aussi le sens, fait-il savoir, de l’adhésion à la Convention de 1992 sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontaliers et des lacs internationaux.

